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Chimie / A. Bouchardat
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182 CHIMIE.

ceux qui auraient laudace de porter la pourpre , même en la cou-vrant dune autre teinture.

La punition décernée contre ce bizarre crini c delèze-majeslé futsans doute, la cause qui lit disparaître l'art de teindre en pourpre,dabord en Occident , cl beaucoup plus tard dans lOrient, cctart était encore en vigueur dans le xi c siècle.

Lon retirait du coccus, que nous connaissons sous le nom dekermès, une couleur qui nétait guère moins estimée que la pour-pre, et que lon alliait quelquefois avec celle-ci. Pline rapportequelle était employée pour les vêtements des empereurs. On luidonnait ordinairement le nom décarlate, mais on la confondaitquelquefois avec la pourpre.

Il paraît que ce nest que dans le siècle dAlexandre et de sessuccesseurs que les Grecs cherchèrent à donner quelque perfec-tion au noir, au bleu, au jaune, au vert.

Si nous négligeons de nous procurer la pourpre, si lon na pascherché à profiter des épreuves que quelques modernes ont faitessur celte couleur, cest que nous avons acquis des couleurs pinsbelles et beaucoup moins chères.

Nous avons acquis du Nouveau-Monde plusieurs substancestinctoriales, la cochenille, le bois de Brésil , le campêchc, le ro-cou. Nous devons surtout la supériorité de nos teintures à la pré-paration de lalun (page 281) et à la dissolution détain (page259), qui prête tant déclat à plusieurs substances colorantes. Lasoie, qui est devenue si commune chez nous, et qui prend descouleurs si vives et si brillantes; le mouvement rapide du com-merce, qui met à la portée du peuple même la jouissance desproductions de la Chine cl des Indes ; lindustrie active, éclairée,aiguisée par la concurrence des différents peuples de lEurope ,qui cherchent à contrebalancer leurs moyens de puissance; tou-tes ces circonstances mettent un intervalle immense entre le luxele plus familier parmi nous et celui de lopulence de quelquesparticuliers chez les anciens. Mais avant dacquérir cette supé-riorité, lEurope a éprouvé toutes les dévastations de la barbarie.

Au v° siècle, tous les arts séteignirent dans lOccident , lisseconservèrent mieux dans lOrient, et lon en tira jusquau xn csiècle les objets de luxe que quelques grands pouvaient se pro-curer.

Lon rapporte environ à lan 1300 la découverte de lorseillc,que fit par hasard un négociant de Florence . Ayant remarqué quelurine donnait une belle couleur à une espèce de mousse, il fddes tentatives, et apprit à préparer lorseillc. Il tint cette décou-verte secrète pendant long-temps. Ses descendants, dont il reste