HISTORIQUE DE LA TEINTURE. 483
encore une branche, au rapport tic Dominique Manni, en ont re-tenu le nom de Ruccelai, du mot espagnol oreiglia, que portaitl’espèce de mousse.
Les arts continuèrent à être cultivés en Italie avec un succèsqui s’accrut pendant long temps. En 1429, parut à Venise lepremier recueil des procédés employés dans les teintures, sousle nom de Maricgola del arte de i tentori ; il s’en fit en 1510 uneseconde édition fort augmentée.
On ne mentionne pas dans cet ouvrage l’usage de l’indigo; ilest probable que les Indiens s’en servaient dans la teinture; ilparaît même que le premier qui ait été employé en Europe nousa été apporté des Indes orientales par les Hollandais. La cultures’en établit d’abord au Mexique , et de là dans d’autres parties del’Amérique , où il a acquis des qualités supérieures à celui quinous vient encore des Indes .
Pendant long-temps l’Italie , et particulièrement Venise , possé-dèrent presque exclusivement l’art des teintures, qui contribuaità la prospérité de leurs manufactures et de leur commerce ; maispeu à peu cet art s'introduisit en France . Gilles Gobclin , quiavait eu communication du procédé de la véritable écarlate,fonda un établissement dans le lieu qui porte son nom. On re-garda cette entreprise comme si téméraire, qu’on donna à l’éta-blissement le nom de Folie Gobelin. Le succès étonna tellementnos crédules aïeux, qu’ils crurent que Gobelin avait fait un pacteavec le diable.
La découverte de la teinture en écarlate peut être regardéecomme l’époque là plus signalée de l’art de la teinture. Les an-ciens avaient donné le nom d’écarlate à la couleur qu’ils obte-naient du kermès , et qui était fort éloignée de la beauté de celleque nous désignons par là.
Des Espagnols ayant observé que les habitants du Mexique seservaient de la cochenille pour colorer leurs maisons et teindreleur coton, ils informèrent le ministère de la beauté de celte cou-leur, et Cortès reçut, en 1523, ordre de faire multiplier l’insecteprécieux qui la produisait ; cependant, la couleur que donne na-turellement la cochenille est un cramoisi assez sombre.
Peu de temps après que la cochenille fut connue en Europe , unchimiste allemand , Kuster, trouva le procédé de notre écarlatepar le moyen de la dissolution d’étain ; il porta son secret à Lon dres en 1643. Un peintre flamand, nommé Gluck, se procura cesecret et le communiqua à Gobelin; ce procédé se répandit en-suite dans toute l’Europe .
L usage de l’indigo, qui a été encore une grande acquisition