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pour l’art de la teinture, eut plus de peine à s’établir que celui dela cochenille : il fut sévèrement interdit en Angleterre sous lerègne d’Elisabeth, de même que le bois de campêche, qu’il étaitordonné de brûler lorsqu’on le trouvait dans un atelier. Cetteprohibition ne fut levée que sous Charles II .
L’on proscrivit pareillement en Saxe l’usage de l’indigo; on letraita, dans l’ordonnance qui fut rendue contre lui, et qui rap-pelle l’arrêt contre l’émétique, de couleur corrosive, d 'alimentdu diable.
C’est vers la fin du xvn e siècle que fut importé en Europe l’artde fabriquer les toiles peintes, que jusqu’alors nous fournissait laPerse. Ce genre (l’industrie fut introduit en France en 1740. Lespremières fabriques d’indiennes furent établies à Paris , àOrange, à Marseille et à Nantes ; la manufacture de Jouy fut crééeen 1759 par Oberkampf.
Colbert donna à l’industrie française , qui était demeurée lan-guissante, un essor qui l’éleva bientôt au-dessus des progrès desautres nations ; il appela les plus habiles artistes, il récompensatous les talents, il établit plusieurs manufactures.
On s’est constamment occupé en France des moyens de fairefleurir notre industrie.
Dufay, Hcllot, Macquer, ont successivement été chargés des’occuper de la perfection (le l’art de la teinture, et on leur doitdes travaux précieux. Dufay fut le premier qui se forma (les idéessaines sur la nature des parties colorantes, et sur la force par la-quelle elles adhèrent aux étoffes. Il examina avec sagacité quel-ques procédés, et il établit les épreuves les plus sûres que l’on pûttrouver alors pour déterminer (l’une manière prompte et usuellela bonté d’une couleur. Ilcllot publia une description méthodiquedes procédés que l’on exécute dans la teinture en laine. Macquera donné une description exacte des procédés qu’on exécute surla soie; il a fait connaître les combinaisons du principe colorantdu bleu de Prusse ; il a cherché à en appliquer l’usage à la tein-ture ; il a donné un procédé pour communiquer à la soie des cou-leurs vives par le moyen de la cochenille.
Les efforts des savants français dans les recherches sur la tein-ture ne se sont pas ralentis, et nous allons voir que ce que disaitHome dans le siècle dernier est encore vrai aujourd’hui. Voie'comme il s’exprime : « C’est à l’Académie des sciences que les«Français doivent la supériorité qu’ils ont en plusieurs arts, et«surtout dans celui (le la teinture. «
Bcrthollet lit paraître un ouvrage important sur la teinture; sestravaux et ceux de Cliaptal régularisèrent les pratiques des ate-