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Chimie / A. Bouchardat
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484 CHIMIE.

pour lart de la teinture, eut plus de peine à sétablir que celui dela cochenille : il fut sévèrement interdit en Angleterre sous lerègne dElisabeth, de même que le bois de campêche, quil étaitordonné de brûler lorsquon le trouvait dans un atelier. Cetteprohibition ne fut levée que sous Charles II .

Lon proscrivit pareillement en Saxe lusage de lindigo; on letraita, dans lordonnance qui fut rendue contre lui, et qui rap-pelle larrêt contre lémétique, de couleur corrosive, d 'alimentdu diable.

Cest vers la fin du xvn e siècle que fut importé en Europe lartde fabriquer les toiles peintes, que jusqualors nous fournissait laPerse. Ce genre (lindustrie fut introduit en France en 1740. Lespremières fabriques dindiennes furent établies à Paris , àOrange, à Marseille et à Nantes ; la manufacture de Jouy fut crééeen 1759 par Oberkampf.

Colbert donna à lindustrie française , qui était demeurée lan-guissante, un essor qui léleva bientôt au-dessus des progrès desautres nations ; il appela les plus habiles artistes, il récompensatous les talents, il établit plusieurs manufactures.

On sest constamment occupé en France des moyens de fairefleurir notre industrie.

Dufay, Hcllot, Macquer, ont successivement été chargés desoccuper de la perfection (le lart de la teinture, et on leur doitdes travaux précieux. Dufay fut le premier qui se forma (les idéessaines sur la nature des parties colorantes, et sur la force par la-quelle elles adhèrent aux étoffes. Il examina avec sagacité quel-ques procédés, et il établit les épreuves les plus sûres que lon pûttrouver alors pour déterminer (lune manière prompte et usuellela bonté dune couleur. Ilcllot publia une description méthodiquedes procédés que lon exécute dans la teinture en laine. Macquera donné une description exacte des procédés quon exécute surla soie; il a fait connaître les combinaisons du principe colorantdu bleu de Prusse ; il a cherché à en appliquer lusage à la tein-ture ; il a donné un procédé pour communiquer à la soie des cou-leurs vives par le moyen de la cochenille.

Les efforts des savants français dans les recherches sur la tein-ture ne se sont pas ralentis, et nous allons voir que ce que disaitHome dans le siècle dernier est encore vrai aujourdhui. Voie'comme il sexprime : « Cest à lAcadémie des sciences que les«Français doivent la supériorité quils ont en plusieurs arts, et«surtout dans celui (le la teinture. «

Bcrthollet lit paraître un ouvrage important sur la teinture; sestravaux et ceux de Cliaptal régularisèrent les pratiques des ate-