HISTORIQUE DE LA TEINTURE. 485
liers, perfectionnèrent les procédés du blanchiment des tissus, etsurtout des tissus de coton, de chanvre et de lin, en tirant partides propriétés merveilleuses du chlore ; ils portèrent dans l’np-prdciation des recettes de la teinture cet esprit philosophiquequi seul pouvait dégager l’art des entraves où la routine et l’em-pirisme l’avaient emprisonné depuis si long-temps. C’est à partirdu commencement du xix« siècle qu’on a introduit dans les ate-liers l’usage des matières minérales pour colorer les tissus. Auxsels de fer sont venus successivement se joindre l’arsénialc decuivre, le bleu de Prusse , les sulfures d’arsenic, le chromate deplomb, le peroxyde de manganèse, etc., qui ont fourni aux in-dustriels de nouveaux moyens de varier leurs produits, et de lesobtenir avec plus d’économie.
Un chimiste contemporain, M. Chevreul , déjà si célèbre parses belles recherches sur les corps gras, isola un grand nombrede principes colorants, étudia l’action des agents chimiques sureux, et se rendit ainsi facilement compte des opérations qui ontpour but de fixer les couleurs sur les tissus.
Brancrolf divise les couleurs en deux séries, les couleurs sub-stitutives et les couleurs adjutives , d’après leur affinité pour lestissus. Les premières se combinent avec les étoffes en vertu deleur propre affinité; les secondes ne s’y fixent que par l’intermé-diaire d’une autre substance.
On appelle mordant toutes les substances qui servent d’inter-médiaire entre les principes colorants et les matières à teindre.Le nom de mordant fut créé par les teinturiers français à l’épo-que de l’enfance de l’art, où ils pensaient que l’action des mor-dants était mécanique, qu’ils étaient d’une nature corrosive oumordante, et servaient simplement à ouvrir les pores de l’étolfedans lesquels la matière colorante pouvait ensuite s’introduire.Dufay et Bcrthollct démontrèrent que leur action est toute chi-mique ; qu’ils ont pour la matière de l’étoffe une affinité qui estla cause de leur adhérence ; tandis que de son côté la matière co-lorante se fixe au mordant par l’affinité qu’elle a pour ce dernier.Les mordants sont, en général, pris parmi les bases ou oxydesmétalliques. Leur nombre est assez restreint, parce qu’il fautqu’ils réunissent la double condition de posséder tout à la fois uneforte affinité pour la matière colorante et pour la fibre organique ;d’ailleurs, les bases insolubles peuvent seules former des combi-naisons insolubles avec ces deux sortes de corps. Ainsi, bien quela chaux et la magnésie, l’oxyde de plomb, par exemple , possè-dent une assez grande affinité pour les matières colorantes, etfiue ces oxydes soient susceptibles de former avec elles des com-
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