580 CHIMIE.
tride comme «ne simple désorganisation des matières organiséessoumises anx influences de l’eau et de la chaleur; mais le phéno-mène est loin 'avoir cette apparente simplicité ; cette fermenta-tion putride s’accompagne toujours de développement d’êtres mi-croscopiques divers dont les générations se succèdent avec uneprodigieuse activité, et il est extrêmement probable que la plupartdu temps la décomposition spontanée d’une matière organiséea pour point de départ l’apparition de ces êtres microscopiquesque je viens de mentionner. Loin de voir dans la fermentationputride un simple phénomène de désorganisation, il est plusphilosophique de le considérer comme une ère d’une organisa-tion nouvelle. Quand la vie a abandonné une matière organisée,on dirait qu’elle ne peut être spontanément détruite que par uneorganisation nouvelle. Vouloir prétendre que tous les phénomè-nes de fermentation putride doivent être, rapportés à des actionsvitales, c’est, à n’en pas douter, aller trop loin ; mais je regarde !comme incontestable que les moteurs de la décomposition pu-tride sont ces êtres microscopiques qui pullulent aussitôt que lavie a abandonné une matière organisée, et qu’il se trouve del’eau, de l’air et de la chaleur.
Les phénomènes que présente la désorganisation des principesimmédiats organisés par la vie, sont aussi nombreux que sontvariés les produits qui en résultent. Ces principes n’ont pas tous ■la même tendance à subir cette transformation, dont l’eau, l’airet le calorique sont toujours les agents principaux. Les acides vé-gétaux puissants, les alcalis végétaux, les résines, les huiles gra-ses et volatiles, les savons, n’entrent pas en putréfaction, selonM. Berzélius ; cependant il est quelques exceptions ; une solutiond’acide tartrique se décompose rapidement. M. Braconnot a aussiobservé la décomposition spontanée des acides malique et oxa-lique ; mais les corps qui, outre l’oxygène, l’hydrogène, le carbone,renferment de l’azote, se putréfient.très-facilement. La putréfac-tion qui ne s’opère pas à 0°, commence de 6 à 7° ; de 15 à 18° elles’établit promptement, et de20 à 30° elle se détermine et continue javec une grande rapidité. Une fois que la putréfaction est coin- Imencée, elle se propage avec rapidité; ce qui peut fairecroire que les produits qui en résultent sont également doués dela propriété d’exciter une réaction semblable à celle qui en dé-termine la formation.
Les corps organisés qui se pourrissent à l’air absorbent l'oxy-gène, mais ne le retiennent que rarement; car, selon M. Saussure,ils dégagent toujours un volume de gaz acide carbonique égal acelui de l’oxygène absorbé. Quand l’air ne frappe pas tous les