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Chimie / A. Bouchardat
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585
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CONSERVATION DES MATIÈRES ORGANIQUES. 585voudra conserver, dans un milieu au-dessous de 0 ; 2° ou de lesdessécher complètement ; 3° ou de les placer dans un milieu privédoxygène. On peut aussi employer des corps qui entrent en com-binaison avec la matière organique, et qui forment avec elle unecombinaison imputrescible. La première condition est très-dif-ficile à remplir artificiellement; dans nos climats tempérés onavait essayé de transporter du poisson dans la glace, mais cettespéculation, qui repose sur un principe vrai, na pas réussi. Laseconde condition se remplit beaucoup plus facilement. On des-sèche des plantes et des parties pour les conserver. Plusieursmoyens sont employés pour arriver à-ce but: l°la dessiccationau soleil, à létuve, par la pression dans le vide ; on a desséchéavec succès de la viande par ces moyens réunis ; 2° les corpsqui peuvent absorber leau sans communiquer aucune mauvaisequalité au produit, et, parmi ces corps, les plus heureusementemployés sont le sel et le sucre. On aide lemploi de ces moyenspar une dessiccation préalable. On conserve de la morue et desharengs au moyen du sel. On y a, dans quelques cas, substituéle sucre avec beaucoup davantages, pour la conservation despoissons. Mais il nest pas bien prouvé que le sel ne fasse quesemparer de leau ; il peut former avec les matières organiquesune combinaison imputrescible, de même que plusieurs acides ouautres sels, et comme eux il peut utilement sopposer au déve-loppement des productions dêtre microscopiques moteurs de lafermentation putride. 3° La conservation dans un milieu dépourvude gaz oxygène est sans contredit le moyen le plus parfait; maiscette condition ne peut pas toujours être remplie dune manièrecomplète. Sil sagit de matières sur lesquelles loxygène de lairait déjà réagi, et que laction décomposante ait commencé, on abeau priver ces corps organiques de la présence de loxygène, laputréfaction qui a commencé continue toujours scs périodes. Ondoit encore observer que les matières organiques contiennentdans leurs interstices de lair atmosphérique dont il est très-dif-ficile de les débarrasser complètement, et cet air suffit pour dé-terminer la putréfaction.

Boucanage. Très-souvent on ne se contente pas de salerles viandes et les poissons, mais on les dessèche encore en lesexposant à la fumée. Lart de fumer ou de boucaner les viandes aété porté, à Hambourg , à une telle perfection, que les autres na-tions nont pu latteindre, et le bœuf fumé de Hambourg jouitpartout de la plus grande réputation. Cet art est cependant assezsimple, puisquil consiste à exposer, pendant quatre ou cinqsemaines, les viandes dépecées, salées et suspendues dans une