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Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
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Les dix livres

Les dix livres

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DA RCHITECTURË

DE VITRUVE

LIVRE PREMIER

PRE PACE .

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O R S QUE je considéré, r Seigneur, que par la force de vosirédivin genie vous vous estes rendu maistre de lUnivers, que vostreValeur invincible en terrassant vos ennemis, & couvrant de gloireceux qui font fous vostre Empire, vous fait recevoir les hommagesde toutes les nations de la terre,& que le peuple Romain & le Sénatfondent f assurance de la tranquillité dont ils jouissent fur la feulésagesse de vostre gouvernement, je doute si je dois vous prefentercet ouvrage d Architecture. Car bien que je l'aye achevé avec untres-grand travail, en messorçant par de longues méditations derendire cette matière intelligible j je crains qu avec un tel présent je ne laisse pas de vousestre importun, en vous interrompant mal-à-propos dans vos grandes occupations.

K.

-- i. SEiGNfeUR.jH.ya Imperatór Cœfar dans le texte.Quelques-uns doutent quel est lEmpereUt à qui Vitruvededie son Livre ; parce qu il n y a point dadrestè dans lesanciens exemplaires qui nomme Auguste , Philander estantle premier qui a intitulé cet ouvrage M.Fìtmvn Polliomsde Architcclura lib. X. ad Cagaretn jíuguflwn. Il y a néan-moins plusieurs choses qui peuvent foire croire que cestAuguste à qui ce- Livre est dédié , 8c non Titus , ainsi quequelques-uns veulent. Premierement le style tient beaucoupplus de la rudesse que langue Latine avoir dans les tempsqui ont precedé celuy dAuguste ,i que de la corruptionquelle a eue dans ceux qui lon t suivy ,8c que Von commen-ǰit à íèntir dans Seneque, dans Pline 8c dans Tacite ; ainsiquil paioist par les vieux mots dont Vitruve se sert, telsque font donicum pour donec , ejmt rnenfibus pour /induitsC me nfibui & plusieurs autres qui íê lisent dans Ennius, dansPacuvius & dans Lucrèce , dont il parle comme des Ecri-vains les plus polis qui luy fuííent connus, fans foire men-tion des autres Auteurs dans le langage desquels on trouvecette beauté particulière à celuy du siecle dAuguste, 8cquapparemment Vitruve ne goustoit pas , suivantVhumeurdes personnes de son âge, qui méprisent ordinairement leschoies nouvelles : car cela doit empescher qu on ne soitétonné de ce quil n'a pas mis Cicéron 8c Virgile au nom-bre des excelkns Ecrivains de son temps. En second lieules exemples pris des bastimens de Rome dans plusieurs en-droits dc cet ouvrage, font voir que ny le Panthéon ny le

theatre de Marcellus qui ont esté bastis fous Auguste, nelest oient pas encore du vivant de Vitruve, qui a Composéson Livre avant quAuguste fust Empereur,& luy a dédié ancommencement de son Empire:Car si Titus estoitiEmpereurpour qui Vitruve a fait son Livre,cet auteur n auroit pas affe-cté de ne foire aucune mention des beaux édifices construits datemps dAuguste & du depuis , & principalement du Coliséeachevé par Vespasien. Mais ce qui me paroist bien fort est cequi est au troisième Livre,où Vitruve parle dun Temple quildit estre proche du Theatre de pierre ; car cela fait voir quedu temps de Vitruve il n y avoit à Rome quun Theatrede pierre, sçavoir celuy de Pompée, ce qui nestoit plus vrayau temps de Vespasien, il y avoir à Rome plus dunTheatre de pierre -, & il n est pas croiable que le theatre dePompée eust retenu le nom de theatre de pierre, de mesmeque le nom de Pont-neuf est demeuré à un des Ponts deParis, quoyquil y en ait plusieurs autres de plus neufs. Sicela estoit, Pline qui parle du theatre de Pompée comme dupremier basti de pierre à Rome, n'auroit pas oublié de direque le nom de theatre de pierre luy estoit demeuré. Cesconjectures qui à la vérité ne sont point convaincantes mesemblent néanmoins plus fortes que celles quon a du con-traire , telles que sont celles quon prend du Temple de laFortune Equestre de Rome, dont il est parlé au 2 . ch. duliv. 8c que quelques-uns veulent n avoir esté basti que de-puis Auguste : de mesme que celle qui est prise du sils deMassmifla dont Vitruve foir mention au 4 . chap. du S.hv*

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