LIVRE V. ì99
A * 15 des machines Hydrauliques faites en limaçon, & par des roues, ou par des Tympans,on vuidera seau qui est entre ces deux digues ; & dans cet eípace âpres qu'il aura esté def-feiché, on creusera les fondemens jufqu’au solide st c’est terre, 3c on les bastira de libagesjoints avec chaux 3c table, les faisant plus larges que ne fera le mur qu ils doivent fouste-nir. Sr le lieu n est pas ferme on y enfoncera des pilotis d’aune demy-brûlez, ou d’olivier,ou de chefne, dont les intervalles feront remplis de charbon, comme il a esté dit en par-lant des fondemens des Théâtres & des autres murailles. Là dessus on élèvera le mur depierres de taille dont celles qu’on posera en boutijse seront les plus longues qu il fera pos-sible , afin que celles qui font entre les boutifses, soient plus fermement liées ; on rempli-ra de mortier fait de chaux Sc de cailloux ou de maçonnerie ce qui fera en dedans du mur :cette masse aura aíìez de force pour soutenir une tour st on la veut bâtir dessus.
H Cela estant achevé il faudra prendre-garde en b assistant les Arsenaux pour les navires,
qu’ils soient tournez vers le Septentrion, car l'afpect du Midy à cause de la chaleur est su-jet à engendrer 3c à entretenir les vers 3c les autres bestioles qui carient le bois. Il faut aussise donner de garde de les couvrir de bois, de crainte du feu : leur grandeur ne fçauroit estredestnie, mais elle doit estre capable de contenir au large les plus grands vaisseaux.
Aprés avoir écrit dans ce livre tout ce que j'ay jugé estre nécessaire 3c utile aux Villes ence qui regarde la perfection des Edifices publics, je me propose de traiter dans celuy quifuit, des militez & des proportions des bastimens qui se font pour les particuliers.
croyent feulement qu ’Al™ est le phycos des Grecs, quoyque Pline aíïùre qu'il n'y a point Je mot Latin pont lignifierlc Phycos , pareeque c est un arbr fléau, & qu AI ça est uneherbe. Anguilíare dit que quelques-uns ont cru qu s r í ctp eítìaTyphéde Dioícoride , fç.ivmr cette eí'pecede jonc quiades malles au sommet, mais il déclaré que ce n’est pointson opinion, je croy néanmoins qu.Ile a quelque proba-bilité estant fondée far le texte de Vitruve; car il le trouveque les Anciensíè íèrvoient les feuilles de ces joncs a mas-ses pour faire des nattes & des matelats , & elles y font fortpropres si on îes prend avant que le jonc air jette sia tige ; deforce que je croy que les P fonts, Mtrones , ou H^ones,soit qu'on les interprété des sacs, des mannequins, ou des
cabats, estoientdes pacquecs de terre graflè enveloppée deces feiii'les de joncs qui font longues d’un pi é Sc quelque-fois de deux, larg-s d’un doit, dures & pliables ; pareequeces fueilles negligemment entrelacées fervoient à empes-cher que la craye ou terre grasse ne vint à fe dissoudre troppromptement dans l’eau : & quand on pestrissoit ces paquetsaprés que les batardea:x enestoient remplis , ces herbes quife rompoient & fe délioient, n’empeschoicnt pas que les pa-quets de craye ne fe méfiassent & ne fe joignissent ensemblepour faire le courroy du bastardeau.
16. Des machines hydrauliques. Ces machbnés font expliquées aux chapitres 9 Lc n du 10 livre.
V
LE S IX I E'M E LIVRE
DE VITRUVE.
PREFACE.
O N dit que îc Philosophe Aristippe disciple de Socrate s’estant sauvé d’un naufrage1 en liste de Rhodes, 3c ayant apperceu des figures Géométriques tracées fur le sa-ble du rivage, dit en s’écriant à ceux qui estaient avec luy, ne craignons rien, je vois desvestiges d’hommes : Sc que là s'en allant à la V dle, il entra dans les Echoles publiques, oùayant disputé de la Philosophie,il se fit tellement estimer,que la Ville luy fit des presens ca-pables de l’cntretenir honnestement 3c ceux qui estoient de fa compagnie. Ces gens ayantenvie de retourner en leur Païs, & s’estant enquis de ce qu'il vouloit mander à ses enfans;il les chargea de les avertir qu Us songeassent de bonne heure à acquérir des biens qui sus-£ sent de teste nature, que s'il leur arrivoit quelque jour de faire naufrage , ces biens pussentnager & venir à terre avec eux : parcequ'ii avoir reconnu qu'on ne fe devoir asseurer dansla vie que fur ce qui n’est point sujet aux changemens que la fortune, le renversement desRépubliques, 3c les malheurs de la guerre peuvent apporter. Tneophraste qui estoit ausside cet avis conseilloit de se fier plus fur la doctrine, que fur les richesses, Sc disoit qu'en---tre tous les hommes il n’y a que ceux qui font sçavans qui ne soient point étrangers hors deleur pais, qui aprés avoir perdu leurs amis, ne manquent point de personnes qui les ai-ment , qui sont citoyens de toutes les V illes, 3c qui dans les dangers les plus terribles fonttoujours fans mal Sc fans crainte: au lieu que celuy qui se fie fur le bon-heur de fa fortune,
1. En l’Isle de Rhodes. Galien rapporte cette Histoive d’Aristippe, &dit que ce fut prés de Syracuse qu il fit naufrage.
Chap. XII.
PREFACE.