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/. Les Tours doivent s’avancer hors le Mur afin que lorsque les ennemis s’en approchent, Acelles qui font à droit & à gauche leur donnent dans le flanc , & il faut prendre-garde derendre 1 approche des Murs difficile, les environnant de précipices, & de faire eníòrte queles Chemins qui vont aux Portes, ne soient pas droits, mais quils tournent à la gauche dela porte : car par ce moyen les affiegeans presenteront à ceux qui sont sur la Muraille leéosté droit qui n’eít point couvert du bouclier.
: La figure d’une Place ne doit eítre ny quarte e, ny composée d’Angles trop avancez,mais 3 elle doit faire simplement une enceinte, afin que l’ennemy puisse estre vu de plu- *sieurs endroits, car les Angles avancez font mal propres pour la défense, & sont plus favo-rables aux affiegeans, qu’aux affiegez.
J’estime que l’épaisseur de la Muraille doit estre aflez grande pour faire que deux hom-mes armez qui viennent à la rencontre l’un de l’autre, puiísent paíler aisément, & fans s’in-commoder. A travers cette épaisseur il doit y avoir 4 de grands pieux de bois d’Olivier unpeu brûlez &: placez fort drû,afin que les deux paremens de la muraille ainsi joints ensemblecomme par des clefs & tirans, ayent une fermeté de longue durée : car ce bois ainsi préparéH'est sujet ny à se vermouler, ny à se corrompre en quelque maniéré que ce soit par letemps, pouvant demeurer éternellement & dans la terre & dans Peau lans se gaster. Cela íedoit pratiquer non seulement dans la construction du Mur, mais mesme de ses Fondemens:
& quand en d’autres Edifices que des Rempars on aura besoin de Murailles fort épaisses, ilen faudra ainsi user : car par le moyen de cette liaison, ils dureront fort long-temps.
Les Espaces d’entre les T ours doivent estre tellement comp aflez, qu'ils ne soient pas pluslongs que la portée des traits & des fléchés ; afin que les affiegeans soient repoussez estantbattus à droit & à gauche tant par r lés Scorpions, que par les autres machines que l'on a C *pour lancer des fléchés.
Il faut de plus qu’au droit des Tours le Mur soit coupé en dedans de la largeur de la
Murailles, au lieu qu’en une Place quarrée l’aíïïegeant estantau droit d’une des Faces, est à couvert des trois autres. Ta-cite parlant des Murs de Jérusalem dit Frbctn clauiebantMûri per artem obiiqui & introrfus fìrmatì , ut latera op.puprnantmm ad iElus patefccrem : cela semble faire enten-dre que ce n estai t pas la consume de les faire de cette ma-niéré , qui est celle que l’on pratique dans l'Architecturemilitaire moderne.
4. De grands Pieux. Ce que Vitruve apelie icytaleas perpétuas , César dans la description des Murs, dont
qui se soutiennent & s’entretiennent : De sorte que je croyqu’ií faudroit regler la largeur de l’empatement par la hau-teur & par la charge des Murs, plustost que par leur largeur.
Lorsqu’on bastit les fondemens de l’Arc de Triomphe de laTorte saint Antoine. Les Architectes eurent de la peine àaprouver le peu de largeur que je donnois à l’empatement,qui selon leurs réglés auroit du estre huit sois-plus grandqu’il n’cst à cause de la grande maílè dé cet édifice, dont lahauteur qui est de vingt toises n’est pas le triple de fa lar-geur : car ayant huit toises de large il en auroit falu donnervingt-quatre selon Scamozzi; ce qui auroit fait huit toises les Gaulois fermoient leurs Villes, l’apelle trabes perpétuas.d’empatementde chaque costé,& il n’en a pas plus d’une. Il II dit que ces Poutres estoient posées d’un parement du Mur
faut voir ce qui est écrit fur ce sujet a la fin du dernier chap. à l’autre alternativement avec des rangées de pierre, qui al-
du sixième livre. ’ Noient aussi d’un parement à l’autre, & qui fusaient à chaoue
3. Elle doit eátre simplement une enceinte. parement comme un Echiquier, chaque Poutre estant en-Vegece n’est pas de lavis de Vitruve, car il croit que les An- fermée entre quatre rangées de Pierres, & chaque rangée deciens vouloient que les Murs de leurs Villes enflent des si- Pierre estant enfermée entre quatre poutres , ainsi que l’onnuositez, Frbes claudebant jinmjls anfrallibus vettres. La peut voir dans laII.Figure de la IV. Planche,raison de Vitruve est à mon avis que les Rempars estant 5. Les Scorpions. Les Anciens apelloient ainsi unetournez en rond, sont que les affiegeans font toujours expo- machine sort semblable à celle que nous apollons Arbalcste.
fez aux traits de prés de la moitié de ceux qui défendent les II en est amplement parlé au 10. livre.
EXPLICATION DE LA PLANCHE IV.
La premiere Figure de cette Planche represente le Plan f0 l’Elévation perspective des Fortifica-tions des Anciens. On nantis qu une partie tant du Plan que de l’Elévation , afin que l un & t antrefiuflen plus grand volume. On y volt deux choses particulières & remarquables. Lapremicre c fl queles Courtines efloient coupées & interrompues en dedans au droit des Tours , ne fiant jointes que par desPonts de bois qu il efloit facile d 1 abattre pour empêcher les ajflegeans depajfer outre , lorsqu’’ils s’efloientrendus maiflres d’une partie du Rempart. L'autre chose quilyaà remarquer 3 eflqu’aux endroits quiefloient commande ^ par quelque eminence vofine du Rempart , ils /’ élargiffoient en faisant un Contre-mur BB opposé au Mur A A encore d’autres Murs C C , qui joignaient le Contremur au Mur ,
afin de les fortifier l’un A- l’autre , & d’affaiblir la pouflée de la terre qui efloit entre deux.
La seconde Figure represente la maniéré dont les anciens Gaulois , au rapport de César , baflijfioientles Murs de leurs failles. A A eflune des poutres qui-efloient en travers du Mur , & dont un boutpa-roiflbit a un des paremens , {0 l’autre bout a f autreparement. B B esl une des rangées de pierres , quiefloient entre les poutres.
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PLANCHE
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