I8r. V ITRUVE
Chap.VIII. rOrchestrc 4 vis-à-vis du Proscenium , va couper le cercle à droit & à gauche : dans ces se- A *ctions aux cornes du demi-cercle on marque deux centres, deí'quels avec le compas poseau centre ducosté droit on trace une ligne courbe depuis l’intervalle gauche juíquau cô-té droit du Proscenium , & tout de meíme posant une pointe du compas au centre gauche,on trace de l’intervalle droit une ligne courbe vers le costé gauche du Proscenium, r Ainsipar le moyen de ces trois centres, & suivant ce dessein, les Grecs ont leur Orchcílrc bienplus large, & leur Sceneplus éloignée, comme auísi leur Pupitre qu’ils appellent Logeionplus étroit. De forte que les Acteurs des Tragédies & des Comédies jouent en la Scène,
6 les autres entrent dans l’Orchestre : Et c est de là qu en Grec les uns íont appeliez Scemci
7 les autres Thymelici. Le 8 Logeion ne doit pas avoir moins de dix piez de hauteur ny plus
de douze. Les Escaliers doivent séparer les Amas de degrez & estre allignez * au milieu des B *quartez jusqu’au premier pallier, duquel d’autres escaliers doivent monter d’entre les pre-miers jusqu au dernier pallier, 4 5 6 7 * * 10 en sorte qu à mesure qu’on multipliera les palliers, il fau-dra toujours élargir les Amas de degrez.
Toutes ces choses estant exactement expliquées, il faut bien prendre-garde à choisir unlieu où la voix s’arreste doucement, & où elle ne soit pas repoussée en forte quelle rap-porte les paroles confusément aux oreilles : car il y a des lieux qui empeschent le mouve-ment naturel de la voix tels que font 11 les lieux sourds, que les Grecs appclient 'Catech* n~ *des , les Circonsonans qu’ils appellent Periechmdes , les Résonnans qu’ils appellent Ante-chvndes , & les Consonans qu’ils appellent Synechïsndes . Les lieux sourds font ceux dans les-quels la premiere partie de la voix ayant monté jusqu’au haut, est repoussée par la soliditédu lieu, en sorte qu’en retournant embas, elle étouffe l’autre partie qui la fuit. Les Cir- Cconsonans font ceux dans lesquels la voix estant renfermée se perd en tournoyant, & neparoist pas bien articulée. Les Resonans font ceux où il se fait une réflexion qui formeuçre image de la voix , en sorte que les dernieres syllabes font repetées. Mais les Conso-nans font ceux qui aident à la voix Le augmentant fa force à mesure qu elle monte,la con-duisent nette & distincte jusqu’aux oreilles. Ainsi parle bon choix des lieux propres, lavoix sera bien ménagée dans les Théâtres & aura tout un autre effet qu’elle n’auroit, si on
4. Vis-a-vis du P r o s c en iu m. J’ay traduit com-me s’il y avoìt Proscenii e renia n t : car il y a apparence qu’unCopiste, ou V itruve mesme a omis la particule t fans la-quelle regione ne peut avoir de sens , parce que le prosceniumest trop éloigné de cette ligne pour que l’on puifíè dire quel-le est dans fa région.
5. Ainsi r a r le moyen de ces trois cen-tre s. Le mystère de ces trois centres est une chose bienobscure, ou bien inutile , s’ils 11e fervent à autre chose qu àtracer la ligne qui touche l’extremité du cercle pour la ren-dre parallèle à celle qui traverse le cercle par le milieu : Carc’estoit allez de dire que cette ligne doit estre parallèle auxautres.
6. Les autres dans l’Orchestre. Ily a autexte relique artifices. C’est-à-dire les autres, qui avec lesActeurs contribuoient quelque chose aux jeux Sc aux Spe-ctacles, tels qu’estoient les Musiciens, les Pantomines &lesDanseurs qui tous font ensuite appeliez Thymelici.
7. Les autres Thymelici. Suidas dit que
Thyeìn qui c n Grec signifie sacrifier, a fait appeller un Au-
tel Thymele , & de là Thymelici ceux qui dansoient ou qui
chantoient dans l’Orchestre. Pollux qui est un Auteur plus
ancien que Suidas, Sc qui a écrit du temps que les Théâtresestoient encore entiers, témoigne qu’il ne fçait pas bienprécisément ce que c’estoit que cette partie du Theatre ap-pellée Thymele ; estant en doute si c’estoit un Autel effective-ment, ou seulement une efpece de Tribune. Il semble queBarbaro ait pris cette Tribune pour le Pulpitum, , lorsqu ill’a distingué du Proscenium , suivant ce qui a esté ditausixié-mé chapitre, sçavoir que la ligne qui passe par le centre ducercle qui faitla description & la distribution des parties duTheatre, séparé l’Orchestre d’avec le Pupitre du Prosce-nium‘.Car cette Tribune, qui est l’Autel ou Thymele dontparle Pollux , est une efpece de Pupitre distingué & séparédu Pupitre appellé autrement logeion Sc Proscenium. Mais.Vitruve auroit parlé plus proprement & plus intelligible-
ment , fila chose estoit ainsi, en disant au lieu du Pupitre duProscenium , le Pupitre qui est au milieu de l’Orchestre sépa-ré du Proscenium , comme Pollux le met.
8 . Le L o g e i o n. Ce Logeion des Grecs, qui n’est pointautre chose que le Pulpitum ou Proscenium des Latins quenous appelions le Theatre,est une fois plus haut que le Fui- Jjpitum des Latins, par la rai son qu’aux Théâtres des Grecs stn’y avoir point de spectateurs dans l’Orchestre , mais ilsestoient tous furies degrez 011 ils ne pouvoient estre empes-chez devoir iurle Proscenium ou Logeion par la hauteur,com-me une partie des Spectateurs Romains l’auroient esté', sca-voir ceux qui estoient astis en bas dans l’Orchestre qui n’an-roient pas pû voir fur le Pulpitum s’il avoir esté beaucoupélevé.
9- A II MILIEU DES ANGLES DES QJJ A R R E Z. U ya dans le texte contra quadratorum angt.los qui est manife-stement une faute , parce que la disposition de tout le The. -tre demande qu’il y ait intrd ou inter quadratorum anqulos ,ainsi que la Figure fait voir: car c’est le propre du Tliéatredes Latins d’avoirces chemins contra triangulorum angulos.
10. En s orte qu’a me sur e qu’o n multiplie-
R A. Il n’est pas mal-aisé de donner un sens raisonnable à ce c pendroit qui en l’état qu’il est, est fort obscur : car il n’y a qu’à ^changer le mot altero csialtius & lire quoties pr&cinnunturaltius , tant'o femper amplifìcantur , au lieu de quoties pra-cinguntur altero tanto femper amplifìcantur. Car la vérité estque les Anciens faisont plusieurs palliers , & que dans lesThéâtres qui estoient fort grands il y en avoir jusqu’à qua-tre en comptant celuy sur lequel le; colonnes du Portiqued enhaut estoient posées : ainsi que Vitruve enseigne dansle cinquième chapitre de ce livre où il est parlé des vases duTheatre. Or ce que Vitruve dit est clair , sçavoir que lesA mas de degrez qui vont en s élargissant comme un coin àfendre, s’élargiilènt davantage vers le hautdu Theatre quevers le bas.
11. Les lieux s our d s. Je traduits dissonantes,