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Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
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Chap. III.

2.06 V

fans ; cest-à-dire que les précautions que lanoli-ne Architecture doit employer, ne font que pourles enfans , & quil n importe pas de choquerpar la corruption des proportions ,tous lesin-telligens.

Cette maniéré de répondre me fait compren-dre que le dessein que jay eu en communiquantau public la pensée qui mest particulière, íur lechangement des proportions napas eu lesuccezque je métois proposé -> parce que mon intentionnestant point de me singulariser , comme on dit jmais seulement dobliger les sçavans à minstrui-re fur une question que je croyois nestre pas fansdifficulté, je voy quil semble qu'on ne me veuil-le rien répondre de raisonnable, de peur de fairetort à lautoritédes anciens,que lon prétend estreau destùs' de toutes les raisons» Ce qui ma trom- est quejenaurois jamais pensé que lenteste--ment que lon a pour les anciens pust aller si loin:car je croiois quòn avoir de la vénération pourles ouvrages de ces grands hommes, & pour lespréceptes qu ils nous ont laistèz, parce que cô-toient des choses toujours fondées fur la raison ,quand elles estoient de nature à estre réglées pafla raison , telles que sont celles , dont il sagiticy. Cependant je voy que ce nest point cela, Scquil nest point question d examiner si tout ce queles anciens ont dit, est raisonnable ou non , maisdeladmirer, de le suivre aveuglement, & si lonest sage de faire plutost des compilations de Ser-lìo, de Palladio - de Vignole &de Sçamozzi, quede sattirerdes injures en pensant exciter les sça-vans à cultiver & à perfectionner un Art qui de-mande beaucoup defprit, de jugement & de rai-son. Je ne croyois pas aussi que les Architectesde ce temps fullènt incapables de raisonnement,ainsi que lAuteur fait entendre quand il dit -que les raisons dont je me fers pour appuyer monopinion , sont des choses trop métaphysiques poulseux : mais cest fa maniéré doutter ainsi les cho-ses , qui fait que comme il a une trop grande vé-nération pour les anciens Architectes, il traideaussi avec trop de mépris ceux de ce temps - dansles beaux ouvrages desquels on voit plus despritSc de raison quil nen faut pour empesclier decroire quil leur manque aucune des qualitez né-cessaires à ceux qui semployent à perfectionnerles Arts , Sc pour persuader quil nest pas im-possible dajoitter quelque chose aux inventionsdes Anciens.

CHAPITRE III. !

L I V R

Cava adiumi *

Tks Cours des Maisons .

E S Com des maisons font de

L

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cinq especes ; on les appelleà cause de leur figure ou Toscanes,

A quatre tolon- ou Corinthiennes, ou Tetrajlylesou Découvertes, ou Voûtées. LeToscanes font celles les poutres

*» T. e s Cours des maisons. On msçait point bien certainement quelle partie demaisons des anciens est icy appellée Cava adimpar Vitruve , Sc Cavadium en un mot par Plirnle jeune dans ses Epistres, Car Cavadium, A-trium, Festibulum Sc Aula sont définis parlesGrammairiens presque dune mesme maniéré SCils nen disent rien autre chose sinon que ces par.ties estoient à lentrée des maisons Sc que deon passoit dans les appartemens. Barbaro sor cet lilendroit de Vitruve & Palladio aprés luy croyemque Cavaàium Sc Atrium sont deux eípecesde

Q Planche. L1 -

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EXPLICATION DELA

PLANCHE L I.

Cette Planche reprefente les deuxpremier es efpeces de Cours que les An-ciens faifoient dans leurs maisons. Lapremiere Figure reprefente la Cour Tos-cane qui ejloit couverte tout alentourpar des Auvents qui pofoientfur quatrepoutres soutenues par quatre potencesposées dans les angles rentrans que fai-foient les murs des bajlimens qui ejloientautour de la Cour. A A , font les pou-tres qui traversent le long des murs dela cour. B , ejl une des Potences. C 3 ejlun des Coyers. T) D 3 font les Qhe-vrons. E 3 ejlle Chefneau.

La seconde figure reprefente laCour Corinthienne qui ejl entouréedun rang de colonnes J fiées & éloi-gnées du mur pour joùtenir h entable-ment de la couverture 3 fur lequel il y aun chefneau de mesme qua la cour Tos-cane. Cela fait un corridor pour allerà couvert le long des murs. le croy quela maniéré licentieufe que les Archite-\ éles modernes ont mise en usage 3 qui ejlde faire des demi -colonnes ou des Pilla *jlres qui soutiennent Ventablement &qui descendent jusqu embas , comprenantplufeursejlages 3 ejl une représentationdes cours Corinthiennes des Anciens,fappelle cette maniéré licentieufe 3 par-ce qu'elle ejl contre le plus commun usa-ge ft) contre la raison : car les Anciensont toujours donné un ordre à chaque éta-ge, ains qu il fe voit au dehors & auxScènes de leurs Théâtres ; (y 3 la rai sonveut que les colonnes e fiant faites pourporterie bout des poutres des planchers ,ily ait autant d'ordres de colonnes qu ily a de planchers. Cette matière ejl encoretraitée fur U f n du chapitre qui fuit.

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