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4 A Architraves fur les colonnes, & 7 fur les Architraves des planchers qui vont des colonnesjusques aux murs da l'entour. Ces planchers qui font d’afsemblage, font pavez & font une* terrasse découverte qui tourne tout à l’entour. * Sur l’Architrave , à plomb des colonnesd’embas, on en met d’autres plus petites du quart, fur lesquelles il y a d'autres Architra-ves avec les autres ornemens & les planchers en platfond. Entre les colonnes d enhaut onplace les fenestres, ce qui a la forme dune Basilique, que les Salles Corinthiennes nonepoint.
font plus foiblesque les autres. Si le mot Eretntt eftoìt enusage il seroit «Fautant plus significatif qu’on est déja accou-tumé à la métaphore des reins en fait de voûtes , dont lesparties qui s’élevent 5c qui posent sur les impostes , fontvulgairement appellécs les reins.
B 7 . Sur les Architraves des planche rs.Vitruvemeticyles planchers immediatement furies Archi-traves fans mettre la petite Corniche & la petite Frise dontil vient d’estre parlé & que l’on met au dedans des Porti-ques. Cela a aiilîi quelques exemples dans Pan tique ; maisils font plus rares que de l’autre maniéré, qui a esté depuispeu pratiquée aux grands Portiques qui font à la face duLouvre , où on n a tait entrer dans les Portiques qui fontvoûtez de pierre àceintre droit, que l’Architrave feule-ment , asm de diminuer la grande charge des plattebandesqui vont des colonnes aumurdu Portique, qui font de présde douze pieds Sc afin que les platfonds ne fuíìènt point sienfoncez, les Architraves seuls ayant trois piezd'épaiíTeur.
8 .Sur l’Arcitrave. Cette maniéré de supprimerlaFrise 5c la Corniche dans les dedans a déja esté enseignéeq au i chapitre du 5 livre dans la description de la Basiliquede Fano -, Sc bien que l’on n’en voye que fort peu d’exem-ples, on peut dire néanmoins qu’elle est appuyée fur la rai-son qui veut que les ornemens d’Architecture soient fon-dez fur quelque usage. Or l usegc des Corniches estant dedefîèndre les murs 5c les colonnes des injures du temps , ilest certain qu’elles font inutiles aux lieux qui font couverts,£cqu elles nefont que dérober le jour des fenestres quifontau dessus, il y a un exemple de cette suppression d’ornemense édifice desTureles à Bordeaux que l’on tient avoireste basti peu de temps aprés Auguste : car les colonnes nesoutiennent qu un Architrave fur lequel au lieudu secondordre de colonnes, il y a des Cariatides.
J’ay cru qu il ne seroit pas hors de propos de mettre icyune planche que j’ay fait graverde ce célébré édifice, qui aesté abatu depuis peu pour bât ràfa place les fortificationsD des dehors de la Citadelle ; parce que les figures que nous enavons qui font celle de Ducerceau , 5c celle qu’Elias Vine-tus a mises dans son Commentaire fur Ausone, ne sont pointexactes. Quoyque les particularitez de la construction 5cde la Figure de ce bastiment qui fournistènt des exemples sin-guliers pour Texplication de plusieurs endroits du texte deVitruve, soient les principales raisons qui m’ont porté àmettre icy cette Planche, que j’ay dessinée sur le lieu qua-tre ans avant la démolition de cet édifice ; il m’a semblé aussique je ne devois pas laiílèr passer cette occasion de conserver5c de laiílèr à la postérité i’idée de ce superbe monument, quiestoit un des plus magnifiques 5c des plus entiers qui fuíìèntrestez en France, de tous ceux que les Romains y ont autre-fois basti.
On ne sçait point certainement ny quand ny par qui cetédifice a este construit: il y a seulement quelques conjecturesE qui peuvent faire croire qu’il est du temps de í'EmperpurClaudius, & la principale est fondée fur ce qu’en fouillantil y a environ soixante Sc dix ans , on a trouvé trois Sta-tues antiques . qu on croit estre de l'Empereur Claudius, deDrusus son pere &c de Meílaline sa femme : car on a trou-vé avec ces Satucs des fragmens dc marbre gravez d’inscri-ptions qui font voir assez clairement que deux de ces sta-tués estoient l’une de Drusiis 6 c l'autre de 1 Empereur Clau-dius, L’inseription pour la statue de Druses est D r v s oCassari Patri Germanici C^ísaris etC L A v D 11 Avgvsti nepotvm divi AvgvstiPR^ ptcTO v r b i s AVGV stali. Celle de la statuede Claudius est T ibeRïO ClAvdio dRVSj fili oCìEsari Avgvsto Pontiïici Maximo Con-
S V L I SECVNDVM rATRI patriì Caivs Jvlivs.Ce qui fait croire que la troisième statue qui n’a point deteste est de Messaline est que ce C.Julius surnommé Vin-dex qui avoir fait ériger ces statues 5c construire les anciensédifices de Bordeaux, gouverna les Gaules au commence-ment de l’Empire de Claudius , auquel temps Meílalineavoir toute la puissance 5c tout le gouvernement entre lesmains ; car il y a apparence que Vindex ayant fait basti rquelque bel édifice comme les Romains faiioient ordinai-rement dans leurs Provinces, soit de Temples, soit de Bains,soit de Théâtres, il fit mettre les statues de ces Princesavec celle de Meílaline. Ces trois statués avec les inscrip-tions font dans la cour de l’Hostel de Ville de Bordeaux.
Cet édifice estoit au penchant d’ttne colline, fur laquelleest située la partie dela Ville de Bordeaux qui descend versla Garonne ou est le Port. 11 estoit basti de grandes pierresaussi dures 5c aussi blanches qit’est nostre Liais. Sa figureestoit un quarté oblong de quinze toises de long fur onzede large, 5c fur vingt-deux pic z de haut, fur lequel vingt-quatre colonnes estoient posées -, huit aux grandes facesSc six aux petites. Ce quarté qui estoit comme une base oustylobate continu estoit presque tout solide de maçonnerie,revêtu en dehors de grandes pierres taillées, 5c rempli pardedans de moilons jettez à l’avanture dans du mortier ; n’yayant de vuide que pour une cave qui estoit au bas ,dontla voûte ou plancher n’a voir pas plus de neuf piez de haut.Ce plancher estoit tout droit 6c tout plat ,5c n’estoit pointsoutenu parla cottppe des pierres, mais par l’épaiíleur dumassif qui avoir plus de douze piez, estant selon la maniérédont les anciens faiioient leurs planchers qui avoient or-dinairement fans comptar les poutres Sc les solives p us dedeux piez d’épaiflèur, ainsi que Vitruve renseigne au premierchapitre du septième livre. Ce plancher par défions elíoitfait comme-le ciel d’une carrière , 5c il paroiflòit que lesmurs d’alentour ayant estébastis, on avoit laislè la terre endedans à la hauteur que devoir estre le plancher ; & que furcette terre on avoit jette le mortier 5c les pierres, dont onavoit rempli le reste jufqu'en haut, & que le massif estantsec, ou avoit ostéla terre de défions. Cette forte de plancherde mesine que les autres que Vitruve décrit pourroient estreappeliez des planchers fusils, estant faites d’une matière cou-íanreque l’on jette comme en moule.
Ce stylobate continu estoit double, y en ayant un posésur un autre -, 5c il y a lieu de croire que celuy de délionsestoit pour gagner la hauteur de la pente de la colline, 5cque le second commençoit au droit du rez de chaussée defeutrée : de maniéré qu’on montoit fur l’aire où les colon-ne, estoient placées par un perron de vingt 5c une marches.
1 es colonnes avoient quatre piez 5c demy de diamètre, 5cn’estoient distantes l’une de l’autre que de. sept piez , ce quifaifoit que leur disposition approchoit du genre Fyenostyle.Elles estoient cannelées 5c composées de plusieurs assises outambours de deux piez de hauteur: ces tambours de mesineque tout le reste des pierres taillées estoient posez fans mor-tier 5c sens plomb ; en forte que les joints estoient presqueimperceptibles.La plufpart des bases n’estoient que commen-cées à tailler. Les cannelures fous f astragale du haut de lacolonne n’estoient point en maniéré de niche, comme ellesfont ordinairement, mais elles avoient une figure toutecontraire, ainsi que Ion peut remarquer dans la planche oùtout cet édifice est fidèlement représenté en l’écat qu’ilestoit quand onl a abattu a la réservé des coins des tailloirsavec les volutes 5c de quelques unes des feuilles des chapi-teaux qui estoient rompues. Les chapiteaux estoient selonla proportion que Vitruve.enseigne, n’ayant pas plus dehauteur que le diamètre du bas de la colonne : ils estoient
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