LIVRE VII. 2.Z)-
4 A reaux. Quand !e pavé sera posé, avec la pente qifil doit avoir, on l’ufera 7 avec le grez, en Chap. I.4 forte que s’il est de petites pieces coupées 8 en quarré oblong, en triangle, en quarté, ou en9 hexagone,elles ne fassent rien de raboteux,mais qu elles soient st bien usées fur les bords,que tout soit égal Sc bienuny : tout de mefme s’il est de grandes pieces quarrées, on aurafoind’ufer stbien tous les angles, quils soient parfaitement égaux. Il faudra austi clioistrles carreaux de Tivolyque 1 on dispose en forme d’épy de blé, Sc prendre-garde qu’ilsn’ayent point de creux ny de bosses, mais quils soient dressez bien justes.
Lors qu’à force d’ufer les éminences les carreaux seront bien unis Sc égaux, on lassera* du marbre, & pardessus on couchera 10 une composition faite de chaux Sc de fable.
Mais pour les pavez qui font à découvert il faut plus de précaution, àcauíeque lacharpente qui soutient le pavé fe tourmentant par l’humidité qui l’enfle & par la fecheref-B fe qui la retressit, feroit bien-tost entr’ouvrir le pavé que la gelée & les brcuines acheve-roient aisément de gaster. De forte que st l’on a besoin d’un bon pavé qui résisté encoremieux aux injures de l'air , il y faudra travailler en cette maniéré. Ayant cloué un rangd’aix, on en couchera un autre pardessus en travers que l'on arrestera aussi par des doux :
Dessus ce double plancher on mettra la premiere couche faite de cailloux neufs meilezavec une troisième partie de tuyleaux pilez, ajoutant à cinq parties de cette mixtion deuxparties de chaux : cette couche estant faite on mettra la matière de la Ruderation, laquel-le estant bien battue aura encore au moins i’epaiíseur d’un pié : Dessus cette Ruderationon fer a le noyau comme il a esté dit, fur lequel on mettra de grands carreaux épais dedeux doits, Sc posez enforte qu’ils soient élevez, par le milieu de deux doits pour six piez.
Cet Ouvrage, s’il est bienfait Sc poly comme il faut, ne fera point sujet à le gaster : or asinC d’empefcher quela gelée pénétrant par les joints des carreaux ne pourrisse les planchersde bois, il fera bon tous les ans avant l’Hyver de faire boire au carreau de la lie d’huileautant qu il en pourra boire : Car cela empefchera que l’humidité ne pénétré. Que si l’onveut encore mieux faire, il faudra mettre fur la Ruderation des carreaux de deux piezqui auront tout autour des canaux creusez d’un doit, lesquels feront remplis de chaux dé-trempée avec huile, Sc les jointures feront fort ferrées , enforte que la chaux enferméedans ces canaux venant à durcir, empefchera que l’eau ny quelque autre humidité ne puis.le palier par ces jointures. Sur ces grands carreaux ainsi joints on lera le noyau fur le-quel aptes qu il aura este bien battu, on pavera comme il a esté dit, soit avec de grandes
pdvimentdfeBilia la Mosaïque, qui se fait avec de petitespieces de verre coloré,.& non transparent, de l’épai fleur d u-D ne ligne & quelquefois plus, que l’on applique fur un en-dui de stuc encore frais -, les arrangeant comme on fait lespavez, Sc puis les battant doucement, pour faire entrerdans leurs jointures, la partie la plus subtile du Stuc. Maisjen’ay pas cru que Vitruvel’entendist ainsi -, parce qu’il op-pose pavimenturn fe ! ile à celuy qui a fesseras , c'est-à-diredont la figure est cubique ; Sc il est certain que les piecesdont la Mosaïque estoit faite, dévoient estre cubiques ouapprochantes de la figure cubique, afin quelles se joignis-sent parfaitement l’une contre l’autre, & quelles puítèntimiter toutes les figures & toutes les nuances de la peinture,chaque petite piece n’ayant qu’une couleur de mefme queles points dela tapiflèrie à 1 eguille ; mais cela n est pas àl’ouvrage de pieces rapportées, pour lequel on choisit despierres qui ayent naturellement les nuances & les couleursdont on a besoin, enforte qu une me sine pierre a tout en-r semble & l’ombre ÔC le jour : ce qui fait quon les taille deà difserente figure suivant le dessein qu’on veut exécuter, 6Cc’esten cela que consiste l'eflèncedu pavimentum feílile.
7. Avec le G rez. Le grez n est pas dans le texte ,mais jel’ay ajoûtç pour parler ànostre mode. Les ancienspolifloient les planchers avec une pierre à aiguiser j & il y aapparence qu’ils choisiísoient pour cela la plus rude : or noustien avons point de plus rude que le grez.
8. En qu a a a e’ o B;o n g. ScutuU font dites de feu-tum q vu signifie un bouclier long , diffèrent de clyveus quiestoit un bouclier rond. Le mot àefeutuladï employé en uneautre signification en plusieurs endroits du dixième livre.
9. En hexagone. J’intcrprete ainsi le moi favi quisignifie les gasteaux des mouches à miel, parce que les cel-
lules des mouches dont ces gasteaux . sont composez , sonthexagones ; la vérité est néanmoins eue favi signifie uneespece d’hexagone differente de celle des carreaux dont nousnous servons , qui est l’hexagoriedont les six races font éga-les : car l’hexagone qui est semblable aux gasteaux des mou-ches à miel, a deux de les costcz plus grands que les quatreautres : de maniéré que F■■vus n est pas simplement unehexagone, mais une espece d’hexagone.
10. Une composition. Il 11’y a , ce me semble,point d apparence que cet endroit fe doive entendre à la let-tre , ainsi que Philander a pensé, quand il a expliqué le motde K orica , comme si Vitruve vouloir dire qu’aprés que iepavé fera bien dressé & poly , on le couvrira d’un enduit demortier ; car cela est fans raison ,puisque cet enduit couvti-roir & cacheroit la marqueterie , & toute autre sorte de pa-vé qu’il autoit esté inutile de polir avec tant de soin. Desorte qu il est plus croyable qu’il veut que l’on paflê&quel'on couche de ce mortier fin & subtil fur tout l’ouvrage,pour racler ensuite tout ce qui est sur les carreaux, & nelaisser que ce qui est dans les jointures ; comme font ordi-nairement les carreleurs. La poudre de marbre qui est sasséesur tout l’ouvragc avant que d’y mettre la couche de mor-tier , de chaux & de fable, est à mon avis pour faire que cemorrierne tienne pas aux carreaux , & qu’il s’attache feu-lement au mortier qui est deja dans les joints ; parce que lapoudre de marbre n’empeíchera pas que le mortier qui estdans les joints ne s’uniíìè avec celuy de cette derniere cou-che . à cauíède l’humidité qui est dans les deux mortiers qujdoivent fe joindre, laquelle ne se rencontre pas au carreau,qui par cette raison souffrira aisément que la couche de mor-tier qui est mile lurtout louvrage, soit séparée de sa superfi-cie quand on la raclera.