LIVRE V I í L 263
* ^ bustes & de bonne couleur,&qu’ils ne soient sujets ny 1 aux ínaux de jambe 3 niaùx fluxions Chap. V.furies yeux j on fera assuré de la bonté des eaux, comme aussi lorsqu une fontaine estant
* nouvellement découverte si des gouttes de son eau ? .estant jettées fur du cuivre de Corin-the , ou fur d’autre bon cuivre n y font point de tache ; c’est une marque que l’eau est tres-
* bonne. Cela fe connoistra encore st + l’eau âpres avoir esté bouillie, ne laisse au fond duVase aucun fable ou limon : & st l'on remarque que les legumes bouillis dans cette eau fe
* cuisent promptement. Enfin on connoistra quelle est ; legere &tres-bonne, si estantclaire &c belle dans fa source, elle ne gaste point les lieux où elle passe, en y engendrant dela mousse, des joncs ou d’autres salerez»
endurcir plus ptomptement ; 6c la chaleur des intestins ehrépaississant ne fait q*ue la rendre plus propre à s’attacher|3 aux autres restes de la nourriture , qui à cause de leur gros-sièreté & inutilité n ont pû estre filtrez au travers des tu-niques des intestins. C'est pourquoy c’est fans raison quel’on prétend que la maladie de la pierre est plus commune àParis, qu’aux antres lieux, sor ce que quelques-unes desfontaines de cette Ville forment de la pierre dans leurs ca-naux : Car tout le peuple de Paris ne hoir pas de l’eau de cesfontaines §c on n’a point remarqué que la maladie de lapierre soit moins fréquente dans les quartiers où l’on nehoir point de ces eaux qui font les meilleures de la ville,estant celles qui y ont esté conduites par les Romains dansun Aqueduc magnifique & long de plus de trois lieues ;dont il y a apparence que Poussa point entrepris la depenfeque parce que l’on a esté assuré que toutes les fontainesplus proches n’estoient pas si bonnes.
ll n est point encore vray que l’odeur 8c ìe goust defagrea-C ble qui est dans une eau , soit une marque infaillible d’u-ne qualité fort dangereuse, si ce n est que ce goust & cetteodeur proviennent de quelque minerai pernicieux : Car leseaux de ìa Seinedonton boit au dessous de Paris , ne sontpoint dangereuses à proportion de la mauvaise odeur qu’el-les ont quelquefois ; Sc celles de Nonacris 8c du Styx quin ont ny couleur ,ny odeur, ny goust étranger , ne laissentpas d’eiíte mortelles à caisse du mélange de quelque sub-fets Ce minera ^ e < d ui ne *" e connoist que par fes pernicieux ef-
Z. A u x MAlit d e j a m feE„ L’experience a fait voirque Tissage des mauvaises eaux afïbiblit principalement lesjambes.' On observe qu’aux lieux où les eaux ne sont pasfort bonnes à boire, les playes des jambes font difficiles àguérir, & que le Scorbut, dont un des plus ordinaires sym-ptômes est la foiblesse des jambes, est le plus souvent causéî) parles mauvaises eaux.
3. Estant ]ette’es sur d u cuivre de Co-rinthe. Les eaux qui tachent les métaux qui ne se rouil-lent pas aisément d’ailleurs, doivent avoir un sol corrosifqui est capable de nuire estant pris dans le corps ; de me sinequ’il peut corrompre les métaux qui en sont mouillez. Ci-céron a remarqué que le cuivre de Corinthe fe roiiUle diffi-cilement. Pline met trois efpeces de cuivré de Corinthe,sçavoirleblanc,le rouge ,8c celuy qui est de moyennecouleur : ces différences viennent de la proportion des troismétaux dont il est composé, qui sont lot,l'argerit & lecuivre qui, suivant le rapport de Pline 8c de Florus, furentmeslez ensemble , lorsque la Ville de Corinthe ayant estébrûlée, plusieurs Statues 8c plusieurs vases de ces trois mé-taux furent fondus.
* 4. I/e a u a p r e’s avoir este’ BonmiE.Lesparties terrestres qui sont dans l’eau s’approchent 8c fe joi-E gnent ensemble par l’agitation qui fe fait dans l’ebullition,à peu prés de la mefrne façon que les parties les plus tena-ces du lait fe joignent & forment la malle du beurre, lors-que la creme a esté long-temps battue : Et il y a apparenceque c’est par cette raison que l’eau bouillie est plus legereque la crue. Car quand l’ebullìtion feroit capable de dissi-per quelque chose de la portion la plus legere de leau, ceque l’on peur révoquer en doute, il est certain quelle estcause dune précipitation des parties grossières & terrestres,qui rend lc reste de l’eau plus pure & plus legere.
5. Legere et tres-bonne. La legereté dans
l’eau est considérée pat les Philosophes Comme la marquela plus certaine de so bonté ; la difficulté est de connoistrecette legereté. Pline allure que quelque foin que l’on pren-ne pour bien peser l’eau, il est presque impossible d’en trou-ver deux qui soient de poids diffèrent. Athenée au contrai-re prétend qu’il fe trouve quelquefois une si grande dif-ferencede pesanteur dans les eaux, que celle qui coule duMont Pangaeus est une fois plus pesante en Hyver qu’enEsté; ce qui est tellement contraire aux expériences que lesAnciens ont fait de toutes les autres eaux que d’Alechampdans fa traduction d’Âthenée a corrigé cec endroit ; 8c il ex-prime la différence du poids de cette eau dans les faisons dif-férentes par la proportion de 66 6 c à 96, au lieu 46 à96,qui est dans le texte Grec.
Hippocrate donneun moyen de déterminer les diffèrensdegrezde cette legereté qui est de remarquer la facilité quel’eau a des’echauffer & de fe refroidir , cette facilité estantune marque infaillible de la legereté ; mai;- il n’y a pas moinsde difficulté à connoistre bien distinctement cette facilité jqssà découvrir des différences de poids. L’Académie dessciences examina l’Automne dernier par ordre du Roy, leseaux qui font conduites à Versailles de difïërens endroits;elleemploya les deux moyens que les Anciens proposent fçavoirceluy de peser actuellement l eau, 8c celuy d’en conjecturer la.pesanteur par la facilité quelleade s’échauffer.Pcur le pre-mier on s est lérvy de l’Aracometre qui fait connoistre la le-gereté des liqueurs par son enfoncement; 6c pourlescconcton á ajusté deux Thermomètres,de maniéréqu’estantplon-gez en mefrne temps dans deux eaux différentes 6c échaufféesd’uoerheíìuechaleur, celuy qui montoit plus promptementfaisoit voir que l’eau dans laquelle on savoir plongé estoitla plus facile a s’échauftér. Ces deux examens firent voirdes différences sensibles entre ces eaux différentes, estantcomparées non seulement avec l’eau de puits, l’eau salée &seau bourbeuse qui sont lfes plus pesantes ; mais mefmèestant comparées entre elles.
La legereté 6c la facilité à s’édiaufTer 6e à fe refroidir ne.fiant des marques de la bonté de l’eau que parce que ces qu a li-tez font voir quelle a une subtilité de patries qui la rendpropre à pénétrer & à dissoudre facilement les ah mens aus-quels elle doit servir de véhiculé; l’Académie a cherché en-core'd’autres moyens de découvrir les signes de cette sub-tilité de parties. On a premierement éprouvé que la faci-lité que l’eau a de cuire les liqueurs , dont Vitruve parleest tme qualité commune à plusieurs efpeces d’eaux , les-quelles par d’autres signes fe trouvent beaucoup différen-tes àl’égardde cette fubtilité de parties. Deux expériencesentre antres ont esté soi tes par lesquelles des eaux quicui-soient également bien les legumes, n’estoient pas éga-lement propres à produire d’autres effets, aufquels la sub-tilité des parties est necestaire. l a premierea esté la facili-té que seau a de blanchir le linge sons savon 6c fans les-sive que l’on a trouvé estre plus grande dans certaines eauxque dans d’autres. La seconde a este la dissolution du sa-von que des eaux détrempent si aisément qu’elles devien-nent blanches comme du lait, 6c que d’autres ne peuventdissoudre qu’imparfaitement, de maniéré qu’il paroist feu-lement divisé en particules blanches , nageantes dans l’eauqui demeure claire ; car il n est pas difficile de juger que l’eauqui dissout plus aisément le savon , est la plus legere, laplus subtile, 6c par conséquent la meilleure.