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Les Dix Livres d'Architecture de Vitruve / corr., trad. nouvellement en François, avec des Notes, des Figures... par M. Perrault ...
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L r V R E I 3t. í?7

A & que si ces rayons, pour faire leur essec, fejrépandoient en rond par toiit íe monde ,&quil ne fuit pas nécessaire quils sestendissent en droite ligne pour former un triangle , ilest certain que les corps feroient plus échauffez à mesure qu ils feroient plus proche du So-leil : ce quEuripide Poète Grec a bien remarqué lorsqu il dit dans la Fable de Phaëton

* 11 que ce qui est éloigné du Soleil est beaucoup plus échauffé, & que ce qui en est prochen'a quune chaleur modérée*

De loin fa chaleur efl brûlantèDe près elle ejl moinsviolente 3

De forte que la raison, confirmée parle témoignage decët ancien Poète, semble devoirfaire juger que la chose est telle que je lay expliquée cy-delfus.

£ La Planète de Jupiter, qui fait son cours entre Mars & Saturne, le fait plus grand que

Mars & moins grand que Saturne : & ainfi généralement les autres Etoiles, plus elles fontéloignées du dernier Ciel & proche de la terre , moins elles semblent employer tempsà achever leur cours : parce que celles qui font leur cours dans un plus petit cercle, devan-cent & passent par plusieurs fois dessous celles qui font plus hautes. Car de mesine que sifur une roiie de Potier il y avoir sept fourmis dans autant de Canaux creusez autour ducentre de la roiie, & tous plus grands lun que lautre, en forte que les fourmis fussent con-traintes de marcher en rond, pendant que la roué va dun mouvement contraire à celuydes fourmis, il est certain quelles ne laisseroient pas nonobstant le mouvement contrairede la roué j de poursuivre leur chemin j Le que celle qui marcheroit le plus prés du centrede la roué , auroit bien plutost achevé son tour que celle qui va dans le dernier canal, quoyque l'une marchais aussi viste que l'autre ; parce que lune a un bien plus grand cercle a par-courir que lautre: Tout de mefme les Astres qui vont contre le cours universel du Ciel,font chacun leur circuit particulier, mais ce cours universel qui sacheve en un jour, lesrapporte inégalement vers le lieu d ils viennent.

Or il y a des Etoiles temperées, dautres font chaudes, d 4 autres froides , &C cela vient

* p e A ce q ue tout feu pousse fa flame en haut. 11 Cest par cette raison que le Soleil enflame &:brûle par ses rayons tout cet espace appellé JEther qu il a au dessus de luy, & que lEtoilede Mars qui passe par la, est fort ardente ; au lieu que celle de Saturne qui est plus éloignée& qui touche les extremitez du Ciel qui font gelées, est extremement froide /& que Jupi-ter qui marche entre lun & lautre , estant également éloigné de ces deux causes de la cha-leur & du froid, ne produit que des essets médiocres.

D Apres avoir icy exposé tout ce qui ma esté enseigné par mes Maistres touchant le cer-

cle des douze Signes, les sept Planettes, la diversité de leur puissance & de leur mouve-ment , &: par quelles raisons & selon quels nombres en passant dun Signe en un autre, el-les achevent leurs cours ; je diray maintenant comment la lumière de la Lune croist & de^croist, ainsi que je lay appris des anciens.

Berofe qui est venu dupais des Chaldéens en Asie & qui y a enseigné cette Science, ditque la Lune est une boule dont une moitié est éclatante de lumière, & lautre est de cou-leur bîeuë : Que cela luy arrive lorsque faisant son cours elle fe rencontre fous le Glòbe duSoleil, pareequalors elle senflamme par lardeur de ses rayons & devient éclatante parlapropriété quelle a de concevoir de la lumière par une autre lumière -i Qifestant attirée audroit du Soleil, cette partie éclatante est tournée vers le haut, & lautre qui ne lest pas,

E nest point visible, parce quelle est semblable à lair, & ainsi estant perpendiculairement

Chap. IV,

gne qui font comparez àceluy dont il saglt, soiit appeliezcomme les Signes fe font les autres aspects : Or ayantesté dit que 1 aspect trine fe fait au cinquième Signe, parceque le Soleil la atteint, il faudroitdire aussi que les autresaspects font faits au troisième Sc au quatrième Signe,&non au second Sc au troisième.

II. QjJE CE C^UI EST EtOIGNE* DllSoLEIL ENest beau co u r p t us ec h a ur í 1 e. siopinion quelon peut avoir que le Soleil échauffé davantage les corpsqui font éloignez,est fondée fur ce que la moyenne régionde lair qui est plus proche du Soleil, nous paroist plus froi-de que la bastè qui en est plus éloignée : mais la conséquen-

ce que l'on tire de cette expérience , est fausse, paíce qiiemoyenne région n est pas froide, à cause de la foiblesse dela chaleur du Soleil, mais parce que les corps qui font en cekendroit, font moins capables de recevoir limpreísion defesrayons faute de l'opacité neceíïaire pour cela, Sc qui arre«ftant les rayons du Soleil, est cause de la chaleur que le So-leil ne produit point dans les corps tranfparetìs fearayons ne font point arrestez, ainsi quils font fur la terre.

12. Èt cesîPar CeTte S-aìsow qu £ ibSc-t e i l enfláme. Cette raison saccorde mal avec ce que'lAuteuràdit fçavoir, que le Soleil échauffe davantage leícorps qui font éloignez de luy.

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