MELLITATES. 27
Cet acide est très soluble dans l’eau, et forme une dissolu-tion qui, par l’évaporation, devient sirupeuse, se couvre d’unecroûte, et se prend en masse pulvérulente. Abandonnée àelle-même, la liqueur se concentre peu-à-peu et laisse déposerl’acide en aiguilles déliées groupées en étoiles.
Il est également très soluble dans l’alcool froid. Mais si ladissolution de l’acide mellitique dans l’alcool anhydre est sou-mise pendant quelque temps à l’ébullition, il se trouve con-verti en un nomel acide doué de propriétés très différentes,et qui n’a été du reste que très peu examiné. L’acide sulfuri-que concentré dissout l’aeide mellitique à l’aide de la chaleur,et ne l’altère pas même à la température à laquelle il se distille.L’acide azotique fumant n’exerce aucune action sur lui, soità froid , soit à l’ébullition.
Il forme dans les eaux de chaux, de baryte, de strontiane,des précipités blancs, solubles dans l’acide azotique ou chlo-rhydrique. Il en forme aussi de blancs dans l’acétate de baryte,dans l’acétate de plomb, dans l’azotate de mercure, et dansl’azotate neutre d’argent. Celui qu’il produit dans l’azotatede fer est de couleur isabelle. Ces divers précipités ont tous lapropriété de se dissoudre dans l’acide azotique.
Composition. — MM. Liébig et Wôhler, en analysant lemellitate d’argent, ont trouvé que l’acide mellitique était formede 5o , 21 de carbone et de 49,79 d’oxigène j
Ce qui correspond à la formule C s 0 3 . ( Ann. de Chim. et dePhys. } ni 111,200.)
Mellitates.
1906. Les mellitates desséchés se décomposent par le feu,en donnant un grand résidu charbonneux et laissant dégagerdes produits qui ne contiennent pas d’hydrogène.
Il paraît que , parmi les mellitates neutres, il n’y a que ceuxde potasse , de soude et d’ammoniaque qui soient solubles dansl’eau, et que les mellitates insolubles se dissolvent, soit dansun excès d’acide mellitique, soit dans les acides puissans quiforment des sels solubles avec leurs bases.
État naturel. — On ne trouve dans la nature , comme nousl’avons dit précédemment, que le mellitate d’alumine. Il nes’est même rencontré jusqu’à présent qu’à Arten en Thunnge,dans des couches de bois fossile, et en Suisse . Il est ordinaire-ment sous forme de petits cristaux octaédriques, rarementbien transparens. Il est d'un jaune de miel ou d ambre , fra-§jle , cassant, tendre et facile à pulvériser. Sa pesanteur spé-cifique est de i,55. Il est formé, d’après M. Wôhler, de i4,5d’alumine, 41,4 d’acide mellitique et 44? 1 d’eau de cristalli-