ATROPINE. 291
4 “ Comme l’atropine en cet état est mêlée à des matièressalines, etc., et ne pourrait être lavée par les procédés ordi-naires sans une grande perte, on la fait sécher, puis on en faitune pâte avec de l’eau que l’on absorbe par la compressionentre des feuilles de papier. Séchée de nouveau, on Ja dis-sout dans 5 fois son poids d’alcool, et l’on filtre la dissolution,qu’il faut étendre de 6 à 8 fois son volume d’eau pure. Laliqueur devient promptement laiteuse, et l’on trouve l’atro-pine en cristaux groupés, de couleur jaune clair, au bout de12 à 24 heures. Ces cristaux doivent être lavés avec quelquesgouttes d’eau et soumis à un nouveau traitement par l’alcool.On les obtient, par ce moyen, blancs et régulièrement formés.12 onces de racine de belladone ne donnent qu’environ 20grains d’atropine pure.
L’atropine cristallise en prismes soyeux, transparens et in-colores ; elle n’a pas d’odeur; sa saveur est légèrement amère.Elle se dissout facilement dans l’alcool absolu et l’étlier, et entrès petite quantité dans l’eau : sa solubilité dans ces troisliquides augmente par l’élévation de température. Elle verditle sirop de violettes, dilate promptement la pupille, entre faci-lement en fusion, se volatilise sans s’altérer, et s’enflamme lors-qu’on la chauffe dans une petite cuiller t à la lampe à esprit-de-vin.
Le chlore et les acides concentrés l’altèrent peu à froid.L’hydrate de potasse, à l’aide de la chaleur, la détruit eten dé-gage d abondantes vapeurs ammoniacales. Dissoute dans l’eau,elle forme avec l’infusion de noix de galle un précipité blanc,avec le chlorure de platine un précipité isabelle, et avec le chlo-rure d’or un précipité jaune citron qui, au bout de quelquetemps, devient cristaîlin. Elle s’unit facilement avec les acidessulfurique, azotique, chlorhydrique et acétique. Les sels quie n résultent sont solubles. Le sulfate et l’acétate cristallisentttueux que l’azotate et le chlorhydrate»
Il paraît, d’après MM. Geiger et Hesse, que l’atropine quia le contact de l’eau et de l’air éprouve peu-à-peu, à la tempé-rature ordinaire, une décomposition remarquable; qu’elleprend une légère teinte jaunâtre, contracte une odeur nar-cotique nauséabonde, devient soluble en toutes proportionsdans l’eau, et perd la propriété de cristalliser ; que du reste labase est aussi vénéneuse qu’auparavant, mais que si on la com-bine avec un acide, et qu’on traite la dissolution par le char-bon animal, les alcalis en précipitent la plus grande partie de1 atropine, sous forme solide, et douée de nouveau de la pro-priété de cristalliser.
Sa composition a été indiquée précédemment dans le tableau,page 265 de ce volume.
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