DES PROGRÈS DE LA PHYSIQUE. 87des couleurs, e’est une erreur du temps; ilseroit injuste de lui en faire le reproche. C’estassez pour Gassendi de détruire les qualitésoccultes d’Aristote , et d’affirmer que les cou-leurs existent dans la lumière. Telle est lamarche de l’esprit humain : une erreur révol-tante fait place à une autre qui l’est moins, etla vérité ne se montre avec les caractères del’évidence, que lorsque les idées ont éprouvédans les esprits une vive fermentation qui leurdonne la maturité.
II.
On peut reprocher à Gassendi d’avoir poussétrop loin l’enthousiasme pour la doctrine desatomes. Il attribue à leur présence le froid, lechaud, l’odeur, la saveur, le son lui-mêmeconsidéré comme sensation; quoiqu’il recon-noisse l’existence de ces ondes aériennes quise forment autour du corps sonore au momentde la percussion , et qui, d’après ses propresexpériences dont j’aurai occasion de parlerdans un des chapitres suivans , se répandentsuivant toutes sortes de directions, avec une