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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1791).

Paux, réorganisant les sociétés populaires, et lesPurgeant des hommes les plus dangereux. Cette°pération ne s’exécutait pas toujours sans obsta-c ' es - A Dijon, par exemple, l’organisation révo-lutionnaire était plus compacte que partout ail-leurs. Les mêmes individus, membres à la foisdu comité révolutionnaire, de la municipalité,desociété populaire, y faisaient trembler tout le‘Uûnde. Ils enfermaient arbitrairement les voya-geurs et les habitants, inscrivaient sur la liste desémigrés tous ceux qu’il leur plaisait d’y porter, etles empêchaient d’obtenir des certificats de rési-dence en intimidant les sections. Ils s’étaient en-"égimentés sous le titre d’armée révolutionnaire,et obligeaient la commune à leur payer une solde.Ils n’avaient aucune profession, assistaient auxs eances du club, eux et leurs femmes, et dissi-paient dans des orgies, où il n’était permis deboire que dans des calices, le double produit deleurs appointements et de leurs rapines. Ils cor-respondaient avec les jacobins de Lyon etdeMar-s eille, et leur servaient d’intermédiaire pourc °mmuniquer avec ceux de Paris . Le représen-tât Calés eut la plus grande peine à dissoudrec eite coalition ; il destitua toutes les autorités ré-volutionnaires, choisit vingt ou trente membresJ® 8 plus modérés du club, et les chargea de faireépuration des autres.

Lorsqu’ils étaient chassés des municipalités,l 'ans les provinces, les révolutionnaires faisaientc °mnie à Paris ; ils se retiraient ordinairementj|ans le club jacobin. Si le club était épuré, ilsei >vahissaient de nouveau après le départ des re-ssentants ou en formaient un autre. Là, ils te-jJSnt des discours plus violents encore qu’autre-^°' s i et se livraient à tout le délire de la colère etI® la peur, car ils voyaient la vengeance partout." s jacobins de Dijon envoyèrent à ceux de Paris 'S adresse incendiaire. A Lyon , ils présentaient^ensemble non moins dangereux; et comme la^le se trouvait encore sous le poids des terriblesCr ets de la convention, les représentants étaientj. tle s pour réprimer leur fureur. A Marseille , ils

!’ re nt plus audacieux; joignant à l’emportementle:

or parti celui du caractère local, ils formè-on rassemblement considérable, entourèrents alle où les représentants Auguis et Serresl, ent à table, et leur dépêchèrent des envoyés. ’ le sabre et le pistolet à la main, vinrent de-r e , la liberté des patriotes détenus. Les deuxPrésentants déployèrent la plusgrande fermeté;

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mais, mal soutenus par la gendarmerie, quiavait constamment secondé les cruautés du der-nier régime, et qui avait fini par s’en croire com-plice et responsable, ils manquèrent d’être étouf-fés et égorgés. Cependant plusieurs bataillons deParis, qui se trouvaient dans le moment à Mar-seille , vinrent dégager les représentants et dissi-pèrent le rassemblement. À Toulouse , les jacobinsformèrent aussi des émeutes. 11 y avait là quatreindividus : un directeur de postes, un secrétairedu district, et deux comédiens qui s’étaient ren-dus chefs du parti révolutionnaire. Ils avaientformé un comité de surveillance pour tout le Midi,et étendaient leur tyrannie fort au delà de Tou-louse . Ils s’opposèrent aux réformes et aux em-prisonnements ordonnés par les représentantsd’Arligoyte et Chaudron-Rousseau , soulevèrentla société populaire, et eurent l’audace de fairedéclarer par elle que ces deux représentantsavaientperdu la confiance du peuple. Vaincus cependant,ils furent renfermés avec leurs principaux com-plices.

Ces scènes se reproduisaient partout avec plusou moins de violence, suivant le caractère des ha-bitants des provinces. Néanmoins les jacobinsétaient partout réprimés. Ceux de Paris , chefs dela coalition, étaient dans les plus grandes alar-mes. Ils voyaient la capitale soulevée contre leursdoctrines ; ils apprenaient que dans les départe-ments, l’opinion, moins prompte à se manifesterqu’à Paris , n’en était pas moins prononcée contreeux. Ils savaient que partout on les appelait descannibales, partisans, complices et continuateursde Robespierre . Ils se sentaient appuyés à la vé-rité par la foule des employés destitués, par leclub électoral, par une minorité ardente et sou-vent victorieuse dans les sections, par une partiedes membres mêmes de la convention, dont quel-ques-uns siégeaient encore dans leur société; maisils n’en étaient pas moins très-effrayés du mouve-ment des esprits, et ils prétendaient qu’il y avaitun complot formé pour dissoudre les sociétés po-pulaires et la république après elles.

Ils rédigèrent une adresse aux sociétés affiliéespour répondre aux attaques dont ils étaient l’ob-jet. « On cherche, disaient-ils, à détruire notreï union fraternelle; on cherche à rompre un fais-i ceau redoutable aux ennemis de l’égalité et dex, la liberté; on nous accuse, on nous poursuitî par les plus noires calomnies. L’aristocratie et> le modérantisme lèvent une tête audacieuse. La