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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
i réaction funeste occasionnée par la chute des» triumvirs se perpétue, et, du sein des oragesj formés par tous les ennemis du peuple, est sor-» tie une faction nouvelle qui tend à la dissolu-ï tion de toutes les sociétés populaires. Elle lour-i mente et cherche à soulever l’opinion publique;» elle pousse l’audace jusqu’à nous présenterï comme une puissance rivale de la représenta-» tion nationale, nous qui combattons et nousi unissons toujours avec elle dans tous les dan-» gers de la patrie. Elle nous accuse d’être lesv continuateurs de Robespierre , et nous n avonss sur nos registres que les noms de ceux qui,s dans la nuit du 9 au 10 thermidor, ont occupé» le poste que leur assignait le danger de la pa-i trie. Mais nous répondrons à ces vils calomnia-j teurs en les combattant sans cesse; nous leur» répondrons parla pureté de nos principes et den nos actions, et par un dévouement inébranlable» à la cause du peuple qu’ils ont trahie, à la re-? présentation nationale qu’ils veulent déshono-» rer, et à l’égalité qu’ils délestent, n
Ils affectaient, comme on le voit, un grand res-pect pour la représentation nationale ; ils avaientmême, dans l’une de leurs séances, livré au co-mité de sûreté générale un de leurs membres,pour avoir dit que les principaux conspirateurscontre la liberté étaient dans le sein même de laconvention. Ils faisaient répandre leur adressedans tous les départements, et particulièrementdans les sections de Paris .
Le parti qui leur était opposé devenait chaquejour plus hardi. Il s’était déjà donné des couleurs,des mœurs à part, des lieux et des mots de rallie-ment. Il se composait surtout dans l’origine,comme nous l’avons dit, de jeunes gens apparte-nant aux familles persécutées, ou échappés à laréquisition. Les femmes s’étaient jointes à eux;elles avaient passé le dernier hiver dans l’effroi ;elles voulaient passer celui-ci dans les fêtes et lesplaisirs. Frimaire ( décembre) approchait : ellesétaient pressées de faire succéder aux apparencesde l’indigence, de la simplicité, de la saletémême, qu’on avait longtemps affectées pendant laterreur, les brillantes parures, les mœurs élégan-tes et les festins. Elles se liguaient dans unecause commune avec ces jeunes ennemis d’une fa-rouche démocratie ; elles excitaient leur zèle, etleur faisaient une loi de la politesse et des costu-mes soignés. La mode recommençait son empire.11 fallait porter les cheveux noués en tresse, et
rattachés sur le derrière de la tête avec un peigne-C’était un usage emprunté aux militaires, qui dis-posaient ainsi leurs cheveux pour parer les coup sde sabre. On prouvait parla qu’on venait de pren'dre part aux victoires de nos armées. Il fallait por-ter encore de grandes cravates, des collets noii’ sou verts, suivant un usage des chouans, et surtoutun crêpe au bras, comme parent d’une victime dutribunal révolutionnaire. On voit quel singuli® rmélange d’idées, de souvenirs, d’opinions, prési'dait à ces modes de la jeunesse dorée; car c’étaitlà le nom qu’on lui donnait alors. Le soir, dans le ssalons qui commençaient à redevenir brillants,on payait par des éloges les jeunes hommes q ulavaient déployé leur courage dans les sections, 311Palais-Royal, dans le jardin des Tuileries , et l° sécrivains qui, dansles mille brochures et feuiH eSdu jour, poursuivaient de sarcasmes la canaille t’ 6 "volutionnaire. Fréron était devenu le chef desjournalistes ; il rédigeait ï Orateur du peuple, q ulfut bientôt fameux. C’est le journal que lisait lajeunesse dorée, et dans lequel elle allait chercb elses instructions de chaque jour.
Les théâtres n’étaient pas encore ouverts. L cSacteurs de la Comédie-Française étaient toujoursen prison. A défaut de ce lieu de réunion, on al'lait se montrer dans des concerts qui se donnaitau théâtre Feydeau, et où se faisait entendre l,,ievoix mélodieuse qui commençait à charnier l fiSParisiens; c’était la voix de Garat. Là, se réunissait ce qu’on pourrait appeler l’aristocratie d®temps; c’est-à-dire quelques nobles qui n’avaiepas quitté la France , des riches qui osaient rep -1
lus
raître, des fournisseurs qui ne craignaient Pla terrible sévérité du comité de salut public- Pfemmes s’y montraient dans un costume qu’oncherché à rendre antique, suivant l’usage de l®
poque, et qu’on avait copié de David. Depuis
long'
temps elles avaient abandonné la poudre el * eS ^ c
niers ; elles portaient des bandelettes autour
leurs cheveux; la forme de leurs robes scrapP 1 ®
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des
chait autant que possible de la simple tunique
nds irnous
femmes grecques; au lieu de souliers à graIons , elles portaient cette chaussure quevoyons sur les anciennes statues, une semellegère, rattachée à la jambe par des nœuds debans. Les jeunes gens à cheveux retroussés, a clet noir, remplissaient le parterre de Feydeau,applaudissaient quelquefois les femmes éléganet singulièrement parées qui venaient embeces réunions.