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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

ne résisterait plus aux Français , et que des com-missaires iraient leur ouvrir les places dont ilscroiraient avoir besoin pour leur sûreté. De toutesparis , les comités secrets qui s’étaient formés ma-nifestaient leur existence, chassaient les autoritésétablies, et en nommaient spontanément de nou-velles. Les Français étaient reçus à bras ouvertset comme des libérateurs : on leur apportait lesvivres, les vêlements dont ils manquaient. A Am-sterdam , où ils n’étaient pas entrés encore, et oùon les attendait avec impatience, la plus grandefermentation régnait. La bourgeoisie, irritée con-tre les orangisies, voulait que la garnison sortîtde la ville, que la régence se démît de son auto-rité, et qu’on rendît leurs armes aux citoyens.Pichegru , qui approchait, envoya un aide de camppour engager les autorités municipales à mainte-nir le calme et à empêcher les désordres. LeI er pluviôse enfin (20 janvier), Pichegru , accom-pagné des représentants Lacoste, Bellegarde etJoubert, fit son entrée dans Amsterdam . Les ha-bitants accoururent à sa rencontre, portant entriomphe les patriotes persécutés, criant vive larépublique française ! vive Pichegru ! vive la li-berté!!! Ils admiraient ces braves gens, qui, àmoitié nus, venaient de braver un pareil hiver etde remporter tant de victoires. Les soldats fran-çais donnèrent dans celte occasion le plus belexemple d’ordre et do discipline. Privés de vivreset de vêtements, exposés à la glace et à la neige,au milieu de l’une des plus riches capitales del’Europe , ils attendirent pendant plusieurs heures,autour de leurs armes rangées en faisceaux, queles magistrats eussent pourvu à leurs besoins et àleurs logements. Tandis que les républicains en-traient d’un côté, les orangistes et les émigrésfrançais fuyaient de l’autre. La mer était couverted’embarcations chargées de fugitifs et de dépouil-les de toute espèce.

Le même jour, 1" pluviôse, la division Bon-naud, qui venait la veille de s’emparer de Ger-truydenberg, traversa le Biesbosch gelé, et entradans la ville de Dordrecht , où elle trouva six centspièces de canon, dix mille fusils, et des maga-sins de vivres et de munitions pour une armée detrente mille hommes. Cette division traversa en-suite Rotterdam pour entrera La Haye , où sié-geaient les états. Ainsi, la droite vers l’Yssel , lecentre vers Amsterdam, la gauche vers La Haye ,prenaient successivement possession de toutes lesprovinces. Le merveilleux lui-même vint s’ajouter

à cette opération de guerre déjà si extraordinaireUne partie de la flotte hollandaise mouillait p reSdu Texel. Pichegru , qui ne voulait pas qu’elle eê lle temps de se détacher des glaces et de f airCvoile vers l’Angleterre, envoya des divisions & ecavalerie et plusieurs batteries d’artillerie lég crevers la Nord-Hollande . Le Zuyderzée était gele 'nos escadrons traversèrent au galop ces plainesde glace, et l’on vit des hussards et des artille urSà cheval sommer comme une place forte ces va* 5seaux devenus immobiles. Les vaisseaux holl an 'dais se rendirent à ces assaillants d’une espèce s 1nouvelle.

A la gauche, il ne restait plus qu’à s’emp arerde la province de Zélande , qui se compose d® 5îles placées à l’embouchure de l’Escaut et de I 9Meuse; et à la droite, des provinces d’Over- 1sel, Drenthe, Frise et Groningue , qui joig 1,eIltla Hollande au Hanovre . La province de Zéh°^ e 'forte de sa position inaccessible, proposa une® 3pitulation un peu fière, par laquelle elle dem a0dait à ne pas recevoir de garnison dans ses p rjncipales places, à ne pas être soumise àcontributions, à ne pas recevoir d’assignats < 3conserver ses vaisseaux et ses propriétésques et particulières, en un mot à ne subir auc u3des inconvénients de la guerre. Elle déniant 1aussi pour les émigrés français la faculté de setirer sains et saufs. Les représentants accepte 1 ^quelques-uns des articles de la capitulation»prirent aucun engagement quant aux autres,sant qu’il fallait en référer au comité de sal ut 5blic; et sans plus d’explications, ils entrèrent ^la province, fort contents d’éviter les ^ an °j e sd’une attaque de vive force, et de conserve®^escadres, qui auraient pu être livrées à l’A n » j aterre. Tandis que ces choses se passaientgauche, la droite, franchissant l’Yssel , chas 5 ^les Anglais devant elle, et les rejetait j aS< ^ U ( j 3 cdelà de l’Ems. Les provinces de Frise, deD ren e!et de Groningue se trouvèrent ainsi conqui seS J.^les sept Provinces-Unies soumises aux arm eStorieuses de la république.

Celte conquête, due à la saison, à la conSt *pé'admirable de nos soldats, à leur heureuxrament pour résister à toutes les souffi® 1beaucoup plus qu’à l’habileté de nos gè neIexcita en Europe un étonnement mêlé de l®et en France un enthousiasme exiraori

Carnot, ayant dirigé les opérations des e ,

était le l

pendant la campagne des Pays-Bas ,