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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

même soldat; ils devaient ensuite, à la fin dechaque semaine, se présenter aux municipalités,qui reliraient les assignats au taux d’après lequelils avaient été reçus. Grâce à ces divers arrange-ments, l’armée, qui avait souffert si longtemps,se trouva enfin dans l’abondance, et commença àgoûter le fruit de ses victoires.

Nos triomphes si surprenants en Hollande n’é-taient pas moins éclatants en Espagne . Là, grâceau climat, les opérations avaient pu continuer.Dugommier, quittant les hautes Pyrénées , s’étaitporté en présence de la ligne ennemie, et avait at-taqué sur trois points la longue chaîne des posi-tions prises par le général La Union. Le braveDugommier fut tué d’un boulet de canon à l’at-taque du centre. La gauche n’avait pas été heu-reuse; mais sa droite, grâce à la bravoure et àl’énergie d’Augereau, avait obtenu une victoirecomplète. Le commandement avait été donné àPérignon, qui recommença l’attaque le 30 bru-maire ( 20 novembre), et remporta un succès dé-cisif. L’ennemi avait fui en désordre, et nous avaitlaissé le camp retranché de Figuières. La terreurmême s’emparant des Espagnols , le commandantde Figuières nous avait ouvert la place le 9 fri-maire, et nous étions èntrés ainsi dans l’une despremières forteresses de l’Europe . Telle étaitnotre position en Catalogne. Vers les Pyrénées oc-cidentales, nous avions pris Fontarabie, Saint-Sébastien, Tolosa , et nous occupions toute la pro-vince de Guipuscoa . Moncey, qui remplaçait legénéral Muller, avait franchi les montagnes, ets’était porté jusqu’aux portes de Pampelune . Ce-pendant, croyant sa position trop hasardée, il étaitrevenu sur scs pas, et, appuyé sur des positionsplus sûres, il attendait le retour de la belle saisonpour pénétrer dans les Castilles.

L’hiver donc n’avait pu arrêter le cours de celteimmortelle campagne, et elle venait de s’achever,au milieu delà saison des neiges et des frimas, enpluviôse, c’est-à-dire en janvier et février. Si labelle campagne de 95 nous avait sauvés de l’inva-sion, parle déblocus de Dunkerque, de Maubeuge et de Landau, celle de 9T venait de nous ouvrir lacarrière des conquêtes, en nous donnant la Bel-gique , la Hollande, les pays compris entre Meuseet Rhin, le Palatinat , la ligne des grandesAlpes,la ligne des Pyrénées, et plusieurs places en Ca-talogne et en Biscaye . Plus tard on verra de plusgrandes merveilles encore; mais ces deux campa-gnes resteront dans 1 histoire comme les plus na-

tionales , les plus légitimes et les plus honorablespour la France .

La coalition ne pouvait résister à tant et d e slrudes secousses. Le cabinet anglais , qui, par' eSfautes du duc d’York , n’avait perdu que les ét fttsde ses alliés; qui, sous prétexte de les rendre 811slathouder, venait de gagner quarante ou c ' nquanie vaisseaux, et qui allait s’emparer, sous 1®même prétexte, des colonies hollandaises; lenet anglais pouvait n’être pas pressé de term> n ® rla guerre; il tremblait au contraire de la voir fi n ' r

par la dissolution de la coalition ; mais la P« 1SS ®'qui apercevait les Français sur les bords du R^ 11et de l’Ems, et qui voyait le torrent prêt à se "border sur elle, la Prusse n’hésita plus; ell e ^voya

sur-le-champ au quartier général de P' C ' ,C

gru un commissaire pour stipuler une trêvepromettre d’ouvrir sur-le-champ des négocia 11

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de paix. Le lieu choisi pour ces négociationsBâle , où la ré e française avait un ag c , s

qui s’était attiré une grande considération aup rdes Suisses , par ses lumières et sa modérai' 8 ^Le prétexte employé pour choisir ce lieu fut <I U

pourrait y traiter avec plus de secret et de vsf

qu’à Paris même, où fermentaient encore trop. ^passions, et où se croisaient une multitude d*trigues étrangères; mais ce n’était point li I e ’f.jtif véritable. Tout en faisant des avances de p a U |fcette république qu’on s’était promis d’an ea .par une seule marche militaire , on voulait “muler l’aveu de sa défaite, et on aimait IIIieU *jj C iinir chercher la paix en pays neutre qu’au 11,11 . tde Paris . Le comité de salut public, moins ^que son prédécesseur, et sentant la nécessff 1 'détacher la Prusse de la coalition, consentit avêtir son agent à Bâle des pouvoirs suffisant 8 ^traiter. La Prusse envoya le baron de Goll*> ,^ epouvoirs furent échangés à Bâle le 3 pl UŸlan m (22 janvier 1795). j rC r

L’Empire avait tout autant d’envie de se r gc5de la coalition que la Prusse. La plupartmembres, incapables de fournir le quintupl®tingent et les subsides votés sous l’i n H ueI egS er>l’Autriche , s’étaient laissé inutilement ppendant toute la campagne, de tenir leurs e e ,ments. Excepté ceux qui avaient leurs États cpromis au delà du Rhin , et qui voyaient j’yla république ne les leur rendrait pas a na .^, e ,être forcée, tous désiraient la paix. La ‘ ^ jela Suède , pour le duché de Holslein. 1 électc ,,Mayence , et plusieurs autres États,

. avaient ^ ll