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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

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de la commune conspiratrice du 9 thermidor, lesoin d’alimenter Paris avait été transmis de lacommune à la commission de commerce et d’ap-provisionnement : il était résulté de ce change-aient une interruption dans les services. Les ordresavaient été donnés fort tard, et avec une précipi-tation dangereuse. Les moyens de transport man-quaient; tous les chevaux, commeon l’a vu, avaientété crevés, et outre la difficulté de réunir desquantités suffisantes de blé, il y avait encore cellede les transporter à Paris . Les lenteurs, les pilla-ges sur les routes, tous les accidents ordinairesdes disettes, déjouaient les efforts de la commis-sion. À la disette des subsistances se joignait celledes bois de chauffage et du charbon. Le canal dellriare avait été desséché pendant tout l’été. Lescharbons de terre n’étaient pas arrivés, les usinesavaient consumé tout le charbon de bois. Les cou-pes de bois avaient été tardivement ordonnées, etles entrepreneurs de flottage, vexés par les auto-rités locales, étaient entièrement découragés. Lescharbons, les bois manquaient donc, et, par cetaffreux hiver, cette disette de combustible étaitaussi funeste que celle des grains.

Ainsi, une souffrance cruelle dans les bassesclasses contrastait avec les plaisirs nouveaux aux-quels se livraient les classes élevées. Les révolu-bonnaires, irrités contre le gouvernement, suivaient

I exemple de tous les partis battus, et se servaientdes maux publics comme d’autant d’argumentscontre les chefs actuels de l’État. Ils contribuaientt'ème à augmenter ces maux en contrariant lesû, 'dres de l’administration. « N’envoyez, pas vos“ blés à Paris , disaient-ils aux fermiers; le gou-

II vernement est contre-révolutionnaire, il fait11 centrer les émigrés, il ne veut pas mettre en vi-

* gueur la constitution, il laisse pourrir les grains

* dans les magasins de la commission de com-11 uierce; il veut affamer le peuple pour l’obliger4 » se jeter dans les bras de la royauté. » Ils enga-geaient ainsi les possesseurs de grains à les garder.j* s quittaient leurs communes pour se rendre danses grandes villes où ils étaient inconnus, et hors. e ' a portée de ceux qu’ils avaient persécutés. Là,^Répandaient le trouble. A Marseille , ils venaient

e faire de nouvelles violences aux représentants,

li’ils

avaient obligés à suspendre les procédures

Raïuencées contre les prétendus complices de laceu r . jj ava j t f a jj u me tt re j a ville en état degc. C’est à Paris surtout qu’ils s’amassaient en' na, 'd nombre, e _ "*s étaient plus turbulents.

Ils revenaient toujours au même sujet, la souf-france du peuple, et la mettaient en comparaisonavec le luxe des nouveaux meneurs de la conven-tion. Madame Tallicn était la femme du jour qu’ilsaccusaient le plus, car à toutes les époques on enavait accusé une : c’était la perfide enchanteresseà laquelle ils reprochaient, comme autrefois àmadame Roland, et plus anciennement à Marie-Antoinette , tous les maux du peuple. Son nom,prononcé plusieurs fois à la convention, avait parune jias émouvoir Tallicn. Enfin, il prit un jour laparole jiour la venger de tant d’outrages; il la pré-senta comme un modèle de dévouement et de cou-rage; comme une des victimes que Robespierre avait destinées à l’échafaud; et il déclara qu’elleétait devenue son épouse. Rarras, Legendre, Fré-ron, sc joignirent à lui; ils s’écrièrent qu’il étaittemps enfin de s’expliquer; ils échangèrent desinjures avec la montagne, et la convention se vitobligée, comme à l’ordinaire, de mettre fin à ladiscussion par Tordre du jour. Une autre fois,Duliem dit au député Clauscl, membre du comitéde sûreté générale, qu’il l’assassinerait. Le tumultefut épouvantable, et Tordre du jour vint encoreterminer cette nouvelle scène.

L’infatigable Duhem découvrit un écrit intituléle Spectateur de la Révolution, dans lequel setrouvait un dialogue sur les deux gouvernementsmonarchique et républicain. Ce dialogue donnaitune préférence évidente au gouvernement monar-chique, et engageait môme d’une manière assezouverte, le peuple français à y revenir. Duhem dé-nonça cet écrit avec indignation comme l’un dessymptômes de la conspiration royaliste. La con-vention , faisant droit a cette réclamation, envoyal’auteur au tribunal révolutionnaire; mais Duhems’étant permis de dire que le royalisme et l’aristo-cratie triomphaient, elle l’envoya lui-même pourtrois jours à l’Abbaye, comme ayant insulté l’as-semblée. Ces scènes avaient ému tout Paris . Dansles sections on voulait faire des adresses sur ce quivenait d’arriver, et on se battait pour la rédaction,chacun voulant que ces adresses fussent écritesdans son sens. Jamais la révolution n’avait pré-senté un spectacle aussi agité. Jadis les jacobins,tout-puissants, n’avaient trouvé aucune résistancecapable de produire une véritable lutte. Ils avaienttout chassé devant eux, et étaient demeurés vain-queurs; vainqueurs bruyants et colères, mais uni-ques. Aujourd’hui, un parti puissant venait des’élever, et quoiqu’il fût moins violent, il suppléait