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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

prime de 391 millions. C'était supposer toujoursqu’on pouvait faire ce placement. Thirion conseillaun autre moyen, celui d’une tontine. Mais cemoyen, bon pour ménager un petit capital d’éco-nomie à quelques survivants, était beaucoup troplent et trop insuffisant par rapport à la masseénorme des assignats. Johannot proposa une espècede banque territoriale , dans laquelle on dépose-rait des assignats pour avoir des bons rapportanttrois pour cent d’intérêt, bons qu on échangeraità volonté pour des assignats. C’était toujours lemême plan de changer le papier-monnaie en sim-ples valeurs en terres. Ici, la seule différence con-sistait à laisser à ces valeurs la faculté de reprendrela forme de monnaie circulante. Il est évident quela véritable difficulté n’était pas vaincue. Tous lesmoyens imaginés pour retirer le papier et le rele-ver étaient donc illusoires; il fallait s’avancer en-core longtemps dans cette carrière, émettant desassignats, qui baisseraient davantage : au terme ily avait une solution forcée. Malheureusement, onne sait jamais prévoir les sacrifices nécessaires, eten diminuer l’étendue en les faisant d’avance.Cette prévoyance et ce courage ont toujours man-qué aux nations dans les crises financières.

A ces prétendus moyens de retirer les assignatss’en joignaient d’autres, heureusement plus réels,

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jusqu’à concurrence de l’actif. Mais cette liqua-tion individuelle présentait des longueurs in te1 'minables; il fallait ouvrir un compte à chaq ueémigré, y porter ses biens-fonds, son mobil®’ 1 'balancer le tout avec ses dettes; et ses malheure 11 *créanciers, presque tous domestiques, ouvrir s ’marchands, auraient attendu vingt et trente al ’ sleur payement. Cambon fit décider que les cre al ^ciers des émigrés deviendraient créanciersl’Etat, et seraient payés sur-le-champ, excep^ceux dont les débiteurs étaient notoirement lllS ^vables. La république pouvait perdre ainsi q utques millions , mais elle soulageait des m aU *très-grands, et faisait un bien immense. Lelutionnaire Cambon était l’auteur de cette id eChumaine. j

Mais, tandis qu’on discutait ces question^malheureuses, on était ramené sans cesse asoins encore plus pressants, la subsistance deris qui allait manquer tout à fait. On était à l a ^

de ventôse (au milieu de mars). L’abolit 1 ® 11

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maximum n avait pas encore pu ranimer te ^

merce, et les grains n’arrivaient pas. Une

députés, répandus autour de Paris , faisaient

réquisitions qui n’étaient pas obéies. Quoiq u e j

fussent autorisées encore pour l’approvisionne 1111 ^

des grandes communes, et qu’on les payât aup*

rl insuffisants. Le mobilier des émigrés, des marchés, les fermiers disaient qu’elles ét® ,c

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mais , ......

assez facile à vendre, s'élevait à 200 millions. Les ; abolies et ne voulaient pas obéir. Mais ce » e *transactions à l’amiable, pour les intérêts desémi- ; pas là le plus grand obstacle. Les rivières, * eS g

grés dans les sociétés de commerce, pouvaient pro- 1 ’ " " ‘

duire 100 millions; la part dans leurs héritages,

500 millions. Mais dans le premier cas, on retiraitdes capitaux au commerce ; dans le second, ondevait percevoir une partie des valeurs en terres.

On comptait offrir une prime à ceux qui achève-raient leurs payements pour les biens déjà acquis,et on espérait faire rentrer ainsi 800 millions. Onallait mettre enfin en loterie les grandes maisonssises à Paris et non louées. C’était un milliard en-core. Dans le cas d’un plein succès, tout ce quenous venons d’énumérer aurait pu faire rentrerdeux milliards 600 millions; cependant on eût étéfort heureux de retirer 1500 millions sur le tout;

naux étaient entièrement gelés; pas un bate aUpouvait arriver. Les routes, couvertes de £ |aétaient impraticables; il fallait, pour rend*^roulage possible,les sabler vingt lieues à 1»Pendant le trajet, les charrettes étaient P 1 . jjtpar le peuple affamé dont les jacobins exC ' l ^ (s itle courroux en disant que le gouvernerne® 1 j., scontre-révolutionnaire, qu’il laissait po url ul é,grains à Paris , et qu’il voulait rétablir 1» r0 ^ a o) n'Tandis que les arrivages diminuaient, l a f 011 * c nmation augmentait, comme il arrive touj°pareil cas. La peur de manquer faisait 9 U ^ fié'

cun s’approvisionnait pour plusieurs jours- r

_, j livrait, comme autrefois, le pain sur la P r

d’ailleurs, cette somme allait ressortir par une ! tion des cartes; mais^chacun exagérait ses b eS gj

Pour favoriser leurs laitières, leurs blan 0,11 tai^ 1

autre voie. On venait de décréter une mesure fortsage et fort humaine : c’était la liquidation descréanciers des émigrés. On avait résolu d’abord defaire une liquidation individuelle pourchaque émi-gré. Comme beaucoup d’entre eux étaient insolva-bles, la republique n aurait payé leur passif que

ou des gens de la campagne qui leur a PP°p rdes légumes et de la volaille, les habita® 1 * ^ris leur donnaient du pain, qui était préf® ,e an tgent, vu la disette qui affligeait les environs .^tque Paris même. Les boulangers re>en