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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

les sept membres restants des anciens comités,vinrent se replacer au côté gauche. — Vous ne sa-vez pas ce que vous faites, dit Thuriot à scs col-lègues ; ces hommes ne vous le pardonneront jamais.Lecointre proposa une distinction. — Rappelez,dit-il, les députés proscrits, mais examinez quelssont ceux qui ont pris les armes contre leur patrieen soulevant les départements, et ceux-là, ne lesrappelez pas au milieu de vous. — Tous, en effet,avaient pris les armes. Louvet n’hésita pas à enconvenir, et proposa de déclarer que les départe-ments qui s’étaient soulevés en juin 95 avaientbienmérité de la patrie. Ici Tallien se leva, effrayé dela hardiesse des girondins, et repoussa les deuxpropositions de Lecointre et de Louvet. Elles fu-rent toutes deux mises au néant. Tandis qu’on ve-nait de réintégreras girondins proscrits, on déféraà l’examen du comité de sûreté générale, Paclie,Bouchotte et Garat.

De telles résolutions n’étaient pas faites pourcalmer les esprits. La dissette croissante obligeaenfin de prendre une mesure qu’on différait depuisplusieurs jours, et qui devait porter l’irritation aucomble, c’était de mettre les habitants de Paris àla ration. Boissy-d’Ànglas se présenta à l’assem-blée le 25 ventôse (16 mars), et proposa pour évi-ter les gaspillages et pour assurer à chacun une partsuffisante de subsistances, de réduire chaque in-dividu à une certaine quantité de pain. Le nom-bre d’individus composant chaque famille devaitêtre indiqué sur la carte, et il ne devait plus êtreaccordé chaque jour qu’une livre de pain par tête.A cette condition, on pouvait promettre que laville ne manquerait pas de subsistance. Le mon-tagnard Romme proposa de porter la ration des ou-vriers à une livre et demie. Les hautes classes, dit-il , avaient les moyens de se procurer de la viande,du riz, des légumes ; mais le bas peuple, pouvanttout au plus acheter le pain, devait avoir davan-tage. On admit la proposition de Romme, et lesthermidoriens regrettèrent de ne l’avoir pas faiteeux-mêmes, pour se donner l’appui du peuple etle retirer à la Montagne.

A peine ce décret était-il rendu qu’il excita uneextrême fermentation dans les quartiers populeuxde Paris . Les révolutionnaires s’efforcèrent d’enaggraver l’effet, et n’appelèrent plus Boissy-d’Àn-glas que Boissy-famine. Le surlendemain 27 ven-tôse ( 17 mars), jour où, pour la première fois, ledécret fut mis a exécution, il s’éleva un grand tu-multe dans les faubourgs Saint-Antoine et Saint-

Marceau. Il avait été distribué aux six cent tren te

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six mille habitants de la capitale dix-huit

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quatre-vingt-dix-sept sacs de farine. Troisvingt-quatre mille citoyens avaient reçu lalivre de plus, destinée aux ouvriers travaill® 0 *leurs mains. Néanmoins, il parut si nouveaupeuple des faubourgs d’être réduit à la i' atl0 ^qu’il en murmura. Quelques femmes, habû 11 ^des clubs, et toujours promptes à se soulever, 8 ^meutèrent dans la section de l'Observatoire-agitateurs ordinaires de la section se joignh' et

elles. Ils voulaient aller faire une pétition Jconvention ; mais il fallait pour cela une assen*

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de toute la section, et il n’était permis de senir que le décadi. Néanmoins on entoura le en* 1civil, et on lui demanda avec menace les cle^la salle des séances, et sur son refus, on eXi}qu’il détachât un de ses membres pour acc° ngner le rassemblement jusqu’à la convention-comité y consentit, et donna un de ses men 1pour régulariser le mouvement et empêche*désordres. La même chose se passait au Dltinstant dans la section du Finistère . Un r» 8 ® jblement s’y était formé, et il vint se réunir a ct ^de l’Observatoire. Les deux se confondirent'marchèrent ensemble vers la convention. L’u nmeneurs se chargea de porter la parole, et l' ut 'troduit avec quelques pétitionnaires à la l )arre ’j-,,j-reste du rassemblement demeura aux porte 8 ’ ^sant un bruit affreux. — « Le pain nous m aI1 ^ s jdit l’orateur de la députation; nous sommes P 1 ' .pregretter tous les sacrifices que nous avon spour la révolution. » A ces mots rassemble 0 ’ t ,(plie d’indignation, l’interrompit brusquenieune foule de membres se levèrent pour i'éP r |l’inconvenance de ce langage. -- Du p al11 ' aI) tpain! s’écrièrent les pétitionnaires en fr a P* rsur la barre. A cette insolente réponse, 1blée voulait qu’on les fît sortir de la salle- ^tant le calme se rétablit, l’orateur acheva .jirangue, et dit que jusqu’à ce qu’on eût s-aux besoins du peuple, ils ne crieraientla République ! Le président Thibaudeau >eP^ ^

avec fermeté à ce discours séditieux, et, s . jviter les pétitionnaires à la séance, les, j e q a ‘leurs travaux. Le comité de sûreté génei-

avait déjà réuni quelques bataillons des

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fit dégager les portes de l’assemblée, ctle rassemblement. ^

Cette scène produisit une grande imp ie .^pin 8

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les esprits. Les menaces journalières m -