CONVENTION NATIONALE (17!)o).
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par des patrouilles, et envoya l’un de ses membrespour dissoudre l’assemblée illégalement forméeAns la section des Gravilliers. Ceux qui la com-posaient refusèrent d’abord d’accéder aux invita-bons du représentant envoyé vers eux; mais env °yant la force, ils se dispersèrent. Dans la nuit,As principaux instigateurs furent arrêtés et con-fits en prison.
C’était la troisième tentative de mouvement : leventôse, on s’était agité à cause de la ration ,A 1" germinal à cause de la pétition des Quinze-^•ngts, et le 7 à cause d’une distribution de pain'^suffisante. On craignit un mouvement généralPour le décadi, jour d’oisiveté et d’assemblée dansAs sections. Pour prévenir les dangers d’une réu-"*°n de nuit, il fut décidé que les assemblées deAction se tiendraient de une heure à quatre. Ce"était là qu’une mesure fort insignifiante, et qui" e pouvait prévenir le combat. On sentait bien( |0e la cause principale de ces soulèvements étaitAccusation portée contre les anciens membres duCo mitéde salut public, et l’incarcération des pa-potes. Beaucoup de députés voulaient renoncer àAs poursuites qui, fussent-elles justes, étaientCer tainement dangereuses. Rouzet imagina unj"°yen qui dispensait de rendre un jugement sur" s accusés, et qui en même temps sauvait leur! Ae : c’était l’ostracisme. Quand un citoyen aurait"b de son nom un sujet de discorde, il proposaite A bannir pour un temps. Sa proposition ne futP"s écoutée. Merlin de Thionville , thermidorienA'Ant et citoyen intrépide, commença lui-mêmeI Penser qu’il vaudrait peut-être mieux éviter la"fie. Il proposa donc de convoquer les assembléesActuaires , de mettre sur-le-champ la constitutionv igueur, et de renvoyer le jugement des préve-As à la prochaine législature. Merlin de DouayA.Pfiya fortement cet avis. Guiton-Morveau en ou-^ 11 un plus ferme. « La procédure que nous fai-^ s ®ns est un scandale : où faudra-t-il s’arrêter,s ' °n poursuit tous ceux qui ont fait des motionsPlus sanguinaires que celles qu’on reproche aux4 Avenus? On ne sait, en vérité, si nous ache-a Vo,) s ou si nous recommençons la révolution. »,ut justement épouvanté de l’idée d’abandon-v - dans un moment pareil, l’autorité à une nou-^ assemblée; on ne voulait pas non plus don-^ a la France une constitution aussi absurdePas Ce " G <le ! on déclara donc qu’il n’y avaitM S > de délibérer sur la proposition des deux‘fi»- Quant à la procédure commencée, trop de
vengeances en souhaitaient la continuation pourqu’elle fût abandonnée ; seulement on décida quel’assemblée, afin de pouvoir vaquer à ses autressoins, ne s’occuperait de l’audition des prévenusque tous les jours impairs.
Une telle décision n’était pas faite pour calmerles patriotes. Le jour de décadi (10 germinal) futemployé à s’exciter réciproquement. Les assem-blées de section furent très-tumultueuses ; cepen-dant le mouvement redouté n’eut pas lieu. Dans lasection des Quinze-Yingts , on fit une nouvelle pé-tition plus bardie que la première, et qu’on devaitprésenter le lendemain. Elle fut lue, en effet, à labarre de la convention. «Pourquoi, disait-elle,» Paris est-il sans municipalité? pourquoi les so-» ciétés populaires sont-elles fermées? que sont» devenues nos moissons? pourquoi les assignats» sont-ils tous les jours plus avilis? pourquoi les» jeunes gens du Palais-Royal peuvent-ils seuls» s’assembler? pourquoi les patriotes se trouvent-*» ils seuls dans les prisons? Le peuple enfin veut» être libre. Il sait que, lorsqu’il est opprimé, l'in-» surrection est le premier de ses devoirs. » Lapétition fut écoutée au milieu des murmures d’unegrande partie de l’assemblée, et des applaudisse-ments de la montagne. Le président Pelet de laLozère reçut très-rudement les pétitionnaires, etles congédia. La seule satisfaction accordée futd’envoyer aux sections la liste des patriotes déte-nus, pour qu’elles pussent juger s’il y en avait quiméritassent d’être réclamés.
Le reste de la journée du 11 se passa en agita-tions dans les faubourgs. On se dit de tous côtésqu’il fallait le lendemain se rendre à la conven-tion , pour lui demander de nouveau tout ce qu’onn’avait pas pu obtenir encore. Cet avis fut trans-mis de bouche en bouche dans tous les quartiersoccupés par les patriotes. Les meneurs de chaquesection, sans avoir un but bien déterminé, vou-laient exciter un rassemblement universel , etpousser vers la convention la masse entière dupeuple. Le lendemain, en effet, 12 germinal(1 er avril),des femmes, des enfants, se soulevèrentdans la section de la Cité, et se réunirent aux por-tes des boulangers, empêchant ceux qui s’y trou-vaient d’accepter la ration, et tâchant d’entraînertout le monde vers les Tuileries . Les meneurs ré-pandirent en même temps toutes sortes de bruits;ils dirent que la convention allait partir pour Châ-lons, et abandonner le peuple de Paris à sa mi-sère ; qu’on avait désarme dans la nuit la section