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CONVENTION NATIONALE (4798).
de venir se mettre à la tète de l’expédition. LePrince envoya les pouvoirs, et promit de venircommander de sa personne. Bientôt les projets dePuisaye furent soupçonnés, malgré ses efforts pourles cacher. Tous les émigrés, repoussés par Pittet éconduitsparPuisaye, furentunanimes.Puisaye,Suivant eux, était un intrigant vendu au perfideTilt, et méditant des projets fort suspects. Cette°pinion, répandue à Londres , s’établit bientôt àVérone chez les conseillers du régent. Déjà, danscette petite cour, l’on se défiait beaucoup de l’An-gleterre depuis l’affaire de Toulon ; on concevaitsurtout des inquiétudes dès qu’elle voulait se servirde l’un des princes. Cette fois, on ne manqua pasde demander avec une espèce d’anxiété ce qu’elle'Oulait faire de M. le comte d’Artois, pourquoi leî'om de Monsieur n’était pas compris dans ses pro-jets, si elle croyait pouvoir se passer de lui, etc.Ijes agents de Paris , qui tenaient leur mission duN'gent, et partageaient ses idées sur l’Angleterre,11 ayant pu obtenir aucune communication de Pui-s,a ye, répétèrent les mêmes propos sur l’entrepriseTu se préparait à Londres . Un autre motif les en-U a geait surtout à la désapprouver. Le régent son-geait à recourir à l’Espagne , et voulait s’y faire^ansporter, pour être plus voisin de la Vendée ete viharette, qui était son héros. De leur côté, lesAgents de Paris s’étaient mis en rapport avec une,1 ùssaire de l’Espagne , qui les avait engagés à seServ ’ir de cette puissance, et leur avait promisW elle ferait pour Monsieur et pour Charette ce( J Ue ^Angleterre projetait pour le comte d’ArtoisPour Puisaye. Mais il fallait attendre qu’on pûtI ^porter Monsieur, des Alpes aux Pyrénées , par(“Méditerranée, et préparer une expédition con-erable. Les intrigants de Paris étaient donc tout
faitWelle
^ et erre, parce qu’elle avait des intérêts moinsImposés ; que d’ailleurs elle avait déjà gagné Tal-
Cab’ Par Sa femnlc ’ fille tlu 1)an( l uier es P a 8 no1)j arr us; ils osaient même dire qu’on était sûr de
do , tant l’imposture leur coûtait peu pourn ner de l’importance à leurs projets. Mais l’Es-S(| W°’ ses vaisseaux, ses troupes, n’étaient rientcn V ^ 1 eus , au prix des beaux plans qu’ils pré-la ai . ent "ouer dans l’intérieur. Placés au sein de, ll( ^ ap ^ ale > ils voyaient se manifester un mouve-Vol • * n< ü§ nat ion prononcé contre le système ré->aou tl ° nnaire ‘ 11 fa ll ait - disaient-ils, exciter ceve nient, et tâcher de le faire tournerait profit
du royalisme; mais, pour cela, les royalistes de-vaient se montrer le moins redoutables possible,car la Montagne se fortifiait de toutes les craintesqu’inspirait la contre-révolution. Il suffirait d’unevictoire de Charette, d’une descente des émigrésen Bretagne , pour rendre au parti révolutionnairela force qu’il avait perdue, et dépopulariser lesthermidoriens dont on avait besoin. Charette ve-nait de faire la paix; mais il fallait qu’il se tîntprêt à reprendre les armes; il fallait que l’Anjou,que la Bretagne , parussent aussi se soumettre pourun temps; que pendant ce temps on séduisît leschefs du gouvernement et les généraux, qu’on lais-sât les armées passer le Rhin et s’engager en Alle-magne ; puis que, tout à coup, on surprît la con-vention endormie, et qu’on proclamât la royautédans la Vendée, dans la Bretagne, à Paris même.Une expédition de l’Espagne , portant le régent, etconcourant avec ces mouvements simultanés, pour-rait alors décider la victoire de la royauté. Quantà l’Angleterre, on ne devait lui demander que sonargent (car il en fallait à ces messieurs), et latromper ensuite. Ainsi, chacun des mille agentsemployés pour la contre-révolution rêvait à sa ma-nière , imaginait des moyens suivant sa position,et voulait être le restaurateur principal de la mon-archie. Le mensonge, l’intrigue, étaient les seulesressources de la plupart, et l’argent leur principaleambition.
Avec de telles idées, l’agence de Paris , du genrede celle que Puisaye préparait en Angleterre, de-vait chercher à écarter pour le moment toute en-treprise, à pacifier les provinces insurgées, et à yfaire signer une paix simulée. A la faveur de latrêve accordée aux chouans, Lemaître, Brottier etLaville-Heurnois venaient de se ménager des com-munications avec les provinces insurgées. Le ré-gent les avait chargés de faire parvenir des lettresà Charette; ils les confièrent à un ancien officierde marine, Duverne de Presle , privé de son étatet cherchant un emploi. Ils lui donnèrent en mêmetemps la commission de contribuer à la pacifica-tion, en conseillant aux insurgés de temporiser,d’attendre des secours de l’Espagne , et un mouve-ment de l’intérieur. Cet envoyé se rendit à Rennes ,d’où il fit parvenir les lettres du régent à Charette,et conseilla ensuite à tout le monde une soumis-sion momentanée. D’autres encore furent chargésdu même soin par les agents de Paris , et bientôtles idées de paix, déjà très-répandues en Bretagne ,se propagèrent encore davantage. On dit partout
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