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Ces négociations, ces conflits d’opinions en Eu-rope , ces préparatifs de guerre, prouvent de quelleimportance notre patrie était alors dans le monde.A. cette époque, on vit arriver tous à la fois lesambassadeurs de Suède, de Danemark , de Hollande,île Prusse, de Toscane, de Venise et d’Amérique .A leur arrivée à Paris , ils allaient visiter le présidentde la convention, qu’ils trouvaient logé quelquefoisa un troisième ou quatrième étage, et dont l’accueilsimple et poli avait remplacé les anciennes récep-bons de cour. Ils étaient ensuite introduits dansoette salle fameuse, où siégeait, sur de simplesbanquettes, et dans le costume le plus modeste, 'c ette assemblée qui, par sa puissance et la gran-deur de ses passions, ne paraissait plus ridicule,mais terrible. Ils avaient un fauteuil vis-à-vis ce-
lui du président; ils parlaient assis; le présidentleur répondait de même, en les appelant par lestitres contenus dans leurs pouvoirs. 11 leur donnaitensuite l’accolade fraternelle, et les proclamaitreprésentants de la puissance qui les envoyait. Ilspouvaient, dans une tribune réservée, assister àces discussions orageuses, qui inspiraient autantde curiosité que d’effroi aux étrangers. Tel était lecérémonial employé à l’égard des ambassadeursdes puissances. La simplicité convenait à une ré-publique recevant sans faste, mais avec décenceet avec égards, les envoyés des rois vaincus parelle. Le nom de Français était beau alors ; il étaitennobli par les plus belles victoires, et les pluspures detoutes, celles qu’un peuple remporte pourdéfendre son existence et sa liberté.
CHAPITRE XII.
e ouhlement de haine et de violence des partis après le 12 germinal. Conspiration nouvelle des patriotes. — Massacreda ns les prisons , à Lyon , par les réacteurs. — Décrets nouveaux contre les émigrés et sur l’exercice du culte. Modifiea-l, °ns dans les attributions des comités. — Questions financières. Baisse croissante du papier-monnaie. Agiotage. DiversProjets et discussions sur la réduction des assignats. Mesure importante décrétée pour faciliter la vente des biens natio-naux. — Insurrection des révolutionnaires du 1er prairial an m. Envahissement de la convention. Assassinat du repré-Se utant Féraud. Principaux événements de cette journée et des jours suivants. — Suites de la journée de prairial,prestation de divers membres des anciens comités. Condamnation et supplice des représentants Romme, Gonjon,u quesnoy, Duroi, Soubrany, Bourbotte et autres , compromis dans l'insurrection. Désarmement des patriotes et des-ttetion de ce parti. — Nouvelles discussions sur la vente des biens nationaux. Échelle de réduction adoptée pour lesass 'Snats,
Ees événements de germinal avaient eu pour les^ e Ux partis qui divisaient la France la conséquence0l, dinaîve d’une action incertaine '. ces deux partisétaient devenus plus violents et plus acharnés .a ae détruire. Dans tout le Midi , et particulièrc-Il|(; ut à Avignon, Marseille et Toulon , les révolu-b°nnaires, plus menaçants et plus audacieux queJatn: >is, échappant à tous les efforts qu on faisait .^° Ur les désarmer ou les ramener dans leurs com-^Rnes, continuaient à demander la liberté desPatriotes, la mort de tous les émigrés rentrés, eta institution de 93. Ils correspondaient avec les ,partisans qu’ils avaient dans toutes les provinces ;r S appelaient à eux, et les engageaient à sel^-sur deux points principaux, Toulon pour^ Paris pour le Nord. Quand ils seraientRenforce à Tou km, ils soulèveraient .disaient- ,
ils, les départements, et s’avanceraient pour sejoindre à leurs frères du Nord. C’était absolumentle projet des fédéralistes en 93.
Leurs adversaires, soit royalistes, soit giron-dins, étaient aussi devenus plus hardis depuisque le gouvernement, attaqué en germinal, avaitdonné le signal des persécutions. Maîtres des ad-ministrations, ils faisaient un terrible usage desdécrets rendus contre les patriotes. Ils les enfer-maient comme complices de Robespierre , oucomme ayant manié les deniers publics sans euavoir rendu compte; ils les désarmaient commeayant participé à la tyrannie abolie le 9 thermi-dor, ou bien enfin ils les pourchassaient de lieuen lieu comme ayant quitté leurs communes.C’était dans le Midi surtout que les hostilitéscontre ces malheureux patriotes étaient le plus