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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

de 1790, il était obligé de donner bien plus deterre pour retirer la niasse circulante du papier ;mais il devait lui en rester encore pour suffire àdo nouveaux besoins extraordinaires. D’ailleurs,l’impôt, réduit maintenant à rien parce qu’il étaitpayé en assignats avilis, recouvrait sa valeur sil’assignat était ou absorbé ou relevé. Les biens,livrés sur-le-champ à l’industrie individuelle,allaient commencer à produire pour les particu-liers et pour le trésor; enfin, la plus épouvantablecatastrophe était finie, car le juste rapport desvaleurs se trouvait rétabli.

Le projet de Bourdon de l’Oise fut adopté, eton sc prépara sur-le-champ à le mettre à exécu-tion ; mais l’orage formé depuis longtemps, etdont le 12 germinal n’avait été qu’un avant-cou-reur, était devenu plus menaçant que jamais; ilétait arrêté sur l’horizon et allait éclater. Lesdeux partis aux prises agissaient chacun à leurmanière. Les contre-révolutionnaires , dominantdans certaines sections, faisaient rédiger des péti-tions contre les mesures dont Chénier avait étéle rapporteur, et particulièrement contre la dispo-sition qui punissait du bannissement l’abus queles royalistes faisaient de la presse. De leur côté,les patriotes, réduits aux abois , méditaient unprojet désespéré. Le supplice de Fouquier-Tin-ville, condamné avec plusieurs jurés du tribunalrévolutionnaire pour la manière dont il avait exercéses fonctions, avait poussé leur irritation au com-ble.Quoique découverts dans leur projet du 29 ger-minal, et déjoués récemment dans une seconde ten-tative qu’ils firent pour mettre toutes les sectionsen permanence sous prétexte de la disette, ilsn’en conspiraient pas moins dans différents quar-tiers populeux. Ils avaient fini par former un comitécentral d’insurrection, qui résidait entre les quar-tiers Saint-Denis et Montmartre , dans la rue Mau-conseil. Il était composé d’anciens membres descomités révolutionnaires, et de divers individusde la même espèce, presque tous inconnus horsde leur quartier. Le plan d’insurrection était suffi-samment indiqué par tous les événements dumême genre : mettre les femmes en avant, lesfaire suivre par un rassemblement immense, en-tourer la convention d’une telle multitude qu’elle nepût être secourue, l’obliger de rejeter les soixante-treize , de rappeler Billaud , Collot et Barrère ,d’élargir les députés détenus à Ham, et tous lespatriotes renfermés, de mettre la constitution de93 en vigueur et de donner une nouvelle commune

à Paris , de recourir de nouveau à tous les moyensrévolutionnaires, au maximum, aux requis*'tions, etc..., tel était le. plan des patriotes. Ilsrédigèrent en un manifeste composé de onze art*'clés, et publié au nom du peuple souverain r& n 'tré dans ses droits. Us le firent imprimer le 30 fl°"réal au soir (19 mai), et répandre dans Paris- I*était enjoint aux habitants de la capitale de s®rendre en masse à la convention, en portant s***leurs chapeaux ces mots : Du pain et la constti 11 '

tion de 93. Toute la nuit du 30 floréal au 1" p* ;l1 "rial (20 mai) se passa en agitation, en cris, e "menaces. Les femmes couraient les rues en dis**"*qu’il fallait marcher le lendemain sur la convc* 1 'tion, qu’elle n’avait tué Robespierre que pour s ®mettre à sa place , qu’elle affamait le peupl® ’protégeait les marchands qui suçaient le sang ^ llpauvre, et envoyait à la mort tous les patriot® 8 'Elles s’encourageaient à marcher les première 8 ’parce que, disaient-elles, la force armée n’ose*”* 11pas tirer sur des femmes.

Dès le lendemain *, en effet, à la pointe

jour, le tumulte était général dans les faubo**is 9Saint-Antoine et Saint-Marceau, dans le quart*® 1du Temple, dans les rues Saint-Denis , Sai**^Martin, et surtout dans la cité. Les patriotes f» 1 'saient retentir toutes les cloches dont ils pouvai® 1 ’ 1disposer, ils battaient la générale et tiraient le ® ;1non. Dans le même instant le tocsin sonnait al |pavillon de l’Unité, par ordre du comité de si**'® 1 ®générale, et les sections se réunissaient; maiscebqui se trouvaient dans le complot s’étaient for***®de grand malin, et marchaient déjà en armes, b*avant que les autres eussent été averties. Le iiSsemblement, grossissant toujours, s’avançait P e ’Vpeu vers les Tuileries . Une foule de femmes, * 1 ’^lées à des hommes ivres, en criant : Du p cl/l11 ^la constitution de 93/ des troupes de banditsmés de piques, de sabres et d’armes de toute esp e ^ gdes flots de la plus vile populace, enfin 9 ue ^I rbataillons des sections régulièrement armés,maient ce rassemblement, et marchaient sans orvers le but indiqué à tous, la convention. Ve* 1 ® ^dix heures, ils étaient arrivés aux Tuiler* eS ; ^assiégeaient la salle de l’assemblée et en feri** aietoutes les issues. . t y

Les députés, accourus en toute hâte, ® ta ' e . cn t

leur poste. Les membres de la Montagne, q*** ®sans communication avec cet obscur com* te

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* 1er prairial an m (mercredi 20 mai).