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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (l'ito).

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" ; 'ns les tribunes. André Dumont déclare qu’il vaCs faire sortir : on le couvre de huées d’un côté,'' applaudissements de l’autre. Dans ce moment,0,1 entend des coups violents donnés dans la porteflûi est à la gauche du bureau, et le bruit d’uneMultitude qui fait effort pour l’enfoncer. Les aisporte crient, et des plâtres tombent. Le pré-sent, dans cette situation périlleuse, s’adresse à1111 général qui s’était présenté à la barre avec unelru, tpe de jeunes gens, pour faire, au nom de laSec tion de Bon-Conseil, une pétition fort sage :" Général, lui dit-il, je vous somme de veiller sura représentation nationale, et je vous nomme^ commandant provisoire de la force armée. ».^semblée confirme cette nomination par ses ap-' Glissements . Le général déclare qu’il mourra à11 poste, et sort pour se rendre au lieu du com-

surroction, n’avaient pas été avertis, et, commeleurs collègues, ne connaissaient le mouvement( iue par les cris de la populace et les rctentissc-Uients du tocsin. Ils étaient même en défiance, crai-Suant que le comité de sûreté générale n’eût tendu 1un piège aux patriotes, et ne les eût soulevés pour■'voir l’occasion de sévir contre eux. L’assemblée à !peine réunie, le député Isabeau vint lui lire leuianifeste de l’insurrection. Les tribunes occupées 1( le grand matin par les patriotes retentirent aus-sitôt de bruyants applaudissements. En voyant laconvention ainsi entourée, un membre s’écria'[u’elle saurait mourir à son poste. Aussitôt tousles députés se levèrent en répétant : Oui! oui! —Une tribune, mieux composée que les autres, ap-plaudit celte déclaration. Dans ce moment, on en-tendait croître le bruit, on entendait gronder lesflots de la populace; les députés se succédaient àla tribune et présentaient différentes réflexions.Tout à coup, on voit fondre un essaim de femmes'•ans les tribunes; elles s’y précipitent en foulanta nx pieds ceux qui les occupent, et en criant ; DuVain! du pain! Le président Vernier se couvre,et leur commande le silence; mais elles continuenta crier ; Du pain! du pain! Les unes montrent*e poing à l’assemblée, les autres rient de sa dé-esse. Une foule de membres se lèvent pourPrendre la parole; ils ne peuvent se faire entendre.Us demandent que le président fasse respecter laconvention; le président ne peut y réussir. AndréDumont, qui avait présidé avec fermeté le 12 ger-'t'inal, succède à Vernier , et occupe le fauteuil.Ue tumulte continue, les cris du pain! du pain!Sn m répétés par les femmes qui ont fait irruption

bal. Dans ce moment, le bruit qui se faisait à l’unedes portes cesse, un peu de calme se rétablit. AndréDumont, s’adressant aux tribunes, enjoint à tousles bons citoyens, qui les occupent d’en sortir, etdéclare qu’on va employer la force pour les faireévacuer. Beaucoup de citoyens sortent, mais lesfemmes restent, en poussant les mêmes cris. Quel-ques instants après, le général chargé par le pré-sident de veiller sur la convention, rentre avecune escorte de fusiliers et plusieurs jeunes gensqui s’étaient munis de fouets de poste. Ils escala-dent les tribunes, et en font sortir les femmes enles chassant à coups de fouet. Elles fuient en pous-sant des cris épouvantables, et aux grands applau-dissements d’une partie des assistants.

A peine les tribunes sont-elles évacuées que lebruit à la porte de gauche redouble. La foule estrevenue à la charge; elle attaque de nouveau laporte, qui cède à la violence, éclate et se brise.Les membres de la convention se retirent sur lesbancs supérieurs; la gendarmerie forme une haieautour d’eux pour les protéger. Aussitôt des ci-toyens armés des sections accourent dans la sallepar la porte de droite pour chasser la populace.Ils la refoulent d’abord, et s’emparent de quel-ques femmes; mais ils sont bientôt ramenés à leurtour par la populace victorieuse. Heureusementla section de Grenelle, accourue la première ausecours de la convention, arrive dans ce moment,et vient fournir un utile renfort. Le député Auguisest à sa tête, le sabre à la main. En avant! s’é-crie-t-il... On se serre, on avance, on croise lesbaïonnettes, et on repousse sans blessure la mul-titude des assaillants, qui cède à la vue du fer. Onsaisit par le collet l’un des révoltés, on le traîneau pied du bureau, on le fouille, et on lui trouveles poches pleines de pain. Il était deux heures.Un peu de calme se rétablit dans l’assemblée; ondéclare que la section de Grenelle a bien méritéde la patrie. Tous les ambassadeurs des puissan-ces s’étaient rendus à la tribune qui leur était ré-servée, et assistaient à celle scène, comme pourpartager en quelque sorte les dangers de la con-vention. On décrète qu’il sera fait mention au bul-letin de leur courageux dévouement.

Cependant la foule augmentait autour de la salle.A peine deux ou trois sections avaient eu le tempsd’accourir et de se jeter dans le Palais-National,mais elles ne pouvaient résister à la masse toujourscroissante des assaillants. D’autres venaient d’ar-river, mais elles ne pouvaient pénétrer dans l’in-