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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
teneur, elles étaient sans communication avec lescomités; elles n’avaient pas d’ordre et ne savaientquel usage faire de leurs armes. En cet instant,la foule fait un nouvel effort sur le salon de laLiberté, et pénètre jusqu’à la porte brisée. Les crisaux armes! se renouvellent; la force armée quise trouvait dans l’intérieur de la salle accourt versla porte menacée. Le président se couvre, l’assem-blée demeure calme. Alors des deux côtés on sejoint;le combat s’engage devant la porte même;lesdéfenseurs de la convention croisent la baïonnette;de leur côté les assaillants font feu, et les ballesviennent frapper les murs de la salle. Les députésse lèvent en criant : Vive la république! De nou-veaux détachements accourent, traversent de droiteà gauche et viennent soutenir l’attaque. Les coupsde feu redoublent : on charge, on se mêle, on sa-bre. Mais une foule immense, placée derrière lesassaillants, les pousse, les porte malgré eux surles baïonnettes, renverse tous les obstacles qu’onlui oppose et fait irruption dans l’assemblée. Unjeune député, plein de courage et de dévouement,Féraud, récemment arrivé de l’armée du Rhin, etcourant depuis quinze jours autour de Paris pourhâter l’arrivage des subsistances, vole au-devantde la foule, et la conjure de ne pas pénétrer plusavant. « Tuez-moi, s’écrie-t-il en découvrant sa» poitrine; vous n’entrerez qu’après avoir passé» sur mon corps. » En effet, il se couche à terrepour essayer de les arrêter ; mais ces furieux, sansl’écouter, passent sur son corps et courent vers lebureau. Il était trois heures. Des femmes ivres,des hommes armés de sabres, de piques, de fusils,portant sur leurs chapeaux ces mots : Du pain, laconstitution de 95, remplissent la salle; les unsvont occuper les banquettes inférieures, abandon-nées par les députés; les autres remplissent le par-quet; quelques-uns se placent devant le bureau, oumontent par les petits escaliers qui conduisent aufauteuil du président. Un jeune officier des sec-tions, nommé Mailly, placé sur les degrés du bu-reau, arrache à l’un de ces hommes l’écriteau qu’ilportait sur son chapeau. On tire aussitôt sur lui,et il tombe blessé de plusieurs coups de feu. Dansce moment, toutes les baïonnettes, toutes les pi-ques se dirigent sur le président; on enferme satête dans une haie de fer. C’est Roissy-d’Anglas,qui a succédé a André Dumont; il demeure immo-bile et calme. Féraud, qui s’était relevé, accourtau pied de la tribune, s’arrache les cheveux, sefrappe la poitrine de douleur, et, envoyant le
danger du président, s’élance pour aller le couvritde son corps. L’un des hommes à piques veut I eretenir par l’habit; un officier, pour dégager l’ e 'raud, assène un coup de poing à l’homme qu*retenait; ce dernier répond au coup de poing ] ,!Uun coup de pistolet qui atteint Féraud à l’épaule-L’infortuné jeune homme tombe, on l’entraîne, o nle foule aux pieds, on l’emporte hors de la salle*et on livre son cadavre à la populace.
Boissy-d’Anglas demeure calme et impassible a ”milieu de cette épouvantable scène; les baïonnetteset les piques environnent encore sa tête. AI 01 ’*commence une scène do confusion impossible adécrire. Chacun veut parler, et crie en vain po” rse faire entendre. Les tambours battent pour r ,rtablir le silence; mais la foule, s’amusant de cechaos, vocifère, frappe des pieds, trépigne de pi” 1 'sir en voyant l’état auquel est réduite cette assem-blée souveraine. Ce n’est point ainsi que s’ét a,tfait le 31 mai, lorsque le parti révolutionnait -0 ’ayant à sa tête la commune, l’état-major des sec-tions, et un grand nombre de députés pour rece-voir et donner le mot d’ordre, entoura la conven-tion d’une foule muette et armée, et, I’enfern” 1 ” 1sans l’envahir, lui fit rendre, avec une dignité ap-parente, les décrets qu’il désirait obtenir. Ici, P aSmoyen de se faire entendre ni d’arracher au mo’” sla sanction apparente des vœux des patriotes.canonnier, entouré de fusiliers, monte à la tribu 1 ’ 0pour lire le plan d’insurrection. La lecture es 1chaque instant interrompue par des cris, desjures, et par le roulement du tambour. Un hom”’°veut prendre la parole et s’adresser à la multitude^
« Mes amis, dit-il, nous sommes tous ici po” r ,
* là*
» même cause. Le danger presse, il faut des i» c-rets : laissez vos représentants les rendre. *bas! à bas! lui crie-t-on pour toute réponse-député Rhul, vieillard d’un aspect vénérable >montagnard zélé, veut dire quelques mots à eplace, pour essayer d’obtenir du silence; nia> sl’inlerromptpardenouvellesvociférations. Ro” 1homme austère, étranger à l’insurrection coi”toute la Montagne,- mais désirant que les mes”demandées par le peuple fussent adoptées,voyant avec peine que celte épouvantable conallait être sans résultat, comme celle du i* o
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minai, Romme demande la parole. Duroimande aussi pour le même motif, ni l’un ni - tne peuvent l’obtenir. Le tumulte recommencedure encore plus d’une heure. Pendant cetteon apporte une tête au bout d’une baïonnette •