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CONVENTION NATIONALE (1793).
la regarde avec effroi, on ne peut la reconnaître.Les uns disent que c’est celle de Fréron , d’autresélisent que c’est celle de Féraud. C’était celle deLéraud, en effet, que des brigands avaient coupée,et qu’ils avaient placée au bout d’une baïonnette.Us la promenaient dans la salle, au milieu deshurlements de la multitude. La fureur contre leprésident Boissy-d’Anglas recommence; il est deUouveau en péril; on entoure sa tête de baïon-Uettes; on le coucbe en joue de tous côtés; mille■Uorts le menacent.
Il était déjà sept heures du soir; on tremblaitdans l’assemblée, on craignait que cette foule, oùSe trouvaient des scélérats, ne se portât aux der-Uières extrémités, et n’égorgeât les représentantsc 'u peuple, au milieu de l’obscurité de la nuit.Plusieurs membres du centre engageaient certainsMontagnards à parler pour exhorter la multitudea se dissiper. Vernier essaye de dire aux révoltés( lu’il est tard, qu’ils doivent songer à se retirer,Qu’ils vont exposer le peuple à manquer de pain,e n troublant les arrivages. — « C’est de la tacti-” que, répond la foule ; il y a trois mois que vous6 nous dites cela. » Alors plusieurs voix s’élèventSl| ccessivement du sein de la multitude : celle-cidemande la liberté des patriotes et des députés ar-'atés ; celle-là, la constitution de 93 ; une troi-Sle me, l’arrestation de tous les émigrés ; une fouledautres, la permanence des sections, le rétablis-sent de la commune, un commandant de laf ° r ce armée parisienne, des visites domiciliairesP°ur rechercher les subsistances cachées, les as-S| 8Uats au pair, etc. L’un de ces hommes, quiParvient à se faire entendre quelques instants,'atit qu’on nomme sur-le-champ le commandantla force armée parisienne, et qu’on choisisse' n >tbrany. Enfin, un dernier, ne sachant que dé-coder, s’écrie : L’arrestation des coquins et des, (lc hes! et, pendant une demi-heure, il répète par'’Uervalles : L’arrestation des coquins et deslr Hes.
( j,L un des meneurs, sentant enfin la nécessité dej^ider quelque chose, propose de faire descendredéputés des hautes banquettes où ils sont pla-f . S ’ Pour les réunir au milieu de la salle, et les0 r ® délibérer. Aussitôt on adopte la proposition,
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* es pousse hors de leurs sièges, on les faitda Ceri ) d re , on les parque, comme un troupeau,
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ns 1 espace qui sépare la tribune des banquettes
® ri eures. Des hommes les entourent, et les en-ent en faisant la chaîne avec leurs piques.
Vernier remplace au fauteuil Boissy-d’Anglas , ac-cablé de fatigues après six heures d’une présidenceaussi périlleuse. Il est neuf heures. Une espèce dedélibération s’organise; on convient que le peuplerestera couvert, et que les députés seuls lèverontleurs chapeaux en signe d’approbation ou d’im-probation. Les montagnards commencent à espé-rer qu’on pourra rendre les décrets, et se dispo-sent à prendre la parole. Romme, qui l’avait déjàprise une fois, demande qu’on ordonne par undécret l’élargissement des patriotes. Duroi dit que,depuis le 9 thermidor, les ennemis de la patrieont exercé une réaction funeste, que les députésarrêtés au 12 germinal l’ont été illégalement, etqu’il faut prononcer leur rappel. On oblige le pré-sident à mettre ces différentes propositions auxvoix; on lève les chapeaux, on crie: Adopté,adopté, au milieu d’un bruit épouvantable, sansqu’on puisse distinguer si les députés ont réelle-ment donné leur vote. Goujon succède à Rommeet Duroi, et dit qu’il faut assurer l’exécution desdécrets ; que les comités ne paraissent point, qu’ilimporte de savoir ce qu’ils font, qu’il faut les ap-peler pour leur demander compte de leurs opéra-tions, et les remplacer par une commission ex-traordinaire. C’était là en effet qu’était le péril dela journée. Si les comités étaient restés libres d’a-gir, ils pouvaient venir délivrer la convention deses oppresseurs. Albitte aîné trouve que l’on nemet pas assez d’ordre dans la délibération, que lebureau n’est pas formé, qu’il en faut former un.On le compose aussitôt. Bourbottc demande l’ar-restation des journalistes. Une voix inconnue s’é-lève, et dit que, pour prouver que les patriotesne sont pas des cannibales, il faut abolir la peinede mort. — « Oui, oui, s’écrie-t-on ; excepté pour» les émigréset les fabricateurs de faux assignats. »On adopte cette proposition dans la même formeque les précédentes. Duquesnoi revient à la pro-position de Goujon, redemande la suspension descomités et la nomination d’une commission extra-ordinaire de quatre membres. On désigne sur-le-champ Bourbotte, Prieur de la Marne , Duroi etDuquesnoi lui-même. Ces quatre députés accep-tent les fonctions qui leur sont confiées. Quelquepérilleuses quelles soient, ils sauront, disent-ils,les remplir et mourir à leur poste. Us sortent pourse rendre auprès des comités, et s’emparer de tousles pouvoirs. C était là le difficile, et toute lajournée dépendait du résultat de cette opération.
Il était neuf heures, ni le comité insurrecteur,
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