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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

ni les comités du gouvernement ne paraissaientavoir agi pendant cette longue et terrible journée.Tout ce qu’avait su faire le comité insurrecteur,c’était de lancer le peuple sur la convention; mais,comme nous l’avons dit, des chefs obscurs, telsqu’il en reste aux derniers jours d’un parti, n’ayantà leur disposition ni la commune, ni l’état-majordes sections, ni un commandant de la force ar-mée, ni des députés, n’avaient pu diriger l’insur-rection avec la mesure et la vigueur qui pouvaientla faire réussir. Ils avaient lancé des furieux, quiavaient commis des excès alïreux, mais qui n’a-vaicnl rien fait de ce qu’il fallait faire. Aucun dé-tachement ne fut envoyé pour suspendre et para-lyser les comités, pour ouvrir les prisons, etdélivrer les hommes énergiques dont le secours eûtété si précieux. On s’était emparé seulement del’arsenal, que la gendarmerie des tribunaux, toutecomposée de la milice de Fouquier-Tinville , livraaux premiers venus. Pendant ce temps, au con-traire, les comités du gouvernement, entourés etdéfendus par la jeunesse dorée, avaient employétous leurs efforts à réunir les sections. Ce n’étaitpas facile avec le tumulte qui régnait, avec l’effroiqui s’était emparé de beaucoup d’entre elles, eldamauvaise volonté que manifestaient même quel-ques-unes. D’abord ils en avaient réuni deux outrois, dont l’effort, comme on l’a vu, avait été re-poussé par les assaillants. Ils étaient parvenus en-suite à en convoquer un plus grand nombre, grâceau zclc de la section Lepellelier, autrefois desFilles-Saint-Thomas, et ils se disposaient vers lanuit à saisir le moment où le peuple, fatigué,commencerait à devenir moins nombreux, pourfondre sur les révoltés et délivrer la convention.Prévoyant, bien que, pendant cette longue oppres-sion, on lui aurait arraché les décrets qu’elle nevoulait pas rendre, ils avaient pris un arrêté parlequel ils ne reconnaissaient pas pour authenti-ques les décrets rendus pendant cette journée. Cesdispositions faite's, Legendre, Auguis, Chénier,Delecloi, Bergoeng et Kervélégan s’étaient rendus,à la tête de forts détachements, auprès de la con-vention. Arrivés là, ils étaient convenus de lais-ser les portes ouvertes, afin que le peuple, presséd un côté, pût sortir de l’autre. Legendre et De-lecloi s étaient chargés ensuite de pénétrer da,nsla salle, de monter à la tribune au milieu de tousles dangers, et de sommer les révoltés de se reti-rer. « S’ils ne cèdent pas, dirent-ils à leurs eollè-» gués, chargez, et ne craignez rien pour nous.

» Dussions-nous périr dans la mêlée, avancez toit'» jours. »

Legendre et Delecloi pénétrèrent en effet dansla salle, à l’instant où les quatre députés nomme 8pour former la commission extraordinaire allaientsortir. Legendre monte à la tribune, à travers I eSinsultes et les coups, et prend la parole au milie 11des huées : « J’invite l’assemblée, dit-il, à reste 1 ’» ferme, et les citoyens qui sont ici à sortir. » ^A bas ! à bas ! s’écrie-t-on. Legendre et Delecln 1sont obligés de se retirer. Duquesnoi s’adresse ahn’ 9à ses collègues de la commission extraordinaire’et les engage à le suivre, afin de suspendre l eScomités, qui, comme on le voit, dit-il, sontcon'traires aux opérations de l’assemblée. Soubranfles invite aussi à se hâter. Ils sortent alors to u ®les quatre, mais ils rencontrent le détachement 9la tête duquel marchent les représentants Loge 0 'dre, Kervélégan et Auguis, et le commandant i ela garde nationale, Raffet. Prieur de la Marne d c 'mandeàRafîets’ilareçu du président Tordre d’en'trer. « Je ne te dois aucun compte ! » lui répondRaffet, et il avance. On somme alors la multitud®de se retirer; le président l’y invite au nom de ^loi : elle répond par des huées. Aussitôt on bais® eles baïonnettes et on entre; la foule désarmécède, mais des hommes armés qui s’y trouvai 611 *mêlés résistent un moment; ils sont repoussés etfuient en criant : — À nous, sans-culottes! É" 1 ’

partie des patriotes revient à ce cri, et charge a vC( "

on 1

un instant l’avantage; le député Kervélégan

blessé à la main; les montagnards Bourho^

Peyssard, Gaston, crient victoire. Mais le pa s

charge retentit dans la salle extérieure ; un t’ e ’\

fort considérable arrive, fond de nouveau sur

insurgés, les repousse, les sabre, les poursu 1 ^

coups de baïonnettes. Ils fuient, se pressent 9 '

portes, ou escaladent les tribunes, et se sauy 61 ^

par les fenêtres. La salle est enfin évacuée : ü et ‘

minuit. ,

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La convention, délivrée des assaillants <{ ul (porté la violence et la mort clans son sein* ^quelques instants à se remettre. Le calme se 1 ^

blit enfin. « Il est donc vrai, s’écrie un nie 111

' fcliflütf»

» que cette assemblée, berceau dc la repum t- _’ ... .i_le V)t»

i> a manqué encore une fois d’en devenir 1°

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» beau! Heureusement le crime des consp* 1, Jlt ,» est encore avorté. Mais, représentants, v

» seriez pas dignes de la nation, si vous ne l a

» gicz d’une manière éclatante. » On

applaudi*- ‘