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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE .

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tion, cependant le lieu de ses séances n’avait pasencore été envahi, ensanglanté par un combat,traversé par les balles, et souillé par l’assassinatd’un représentant du peuple. Les révolutionnaires,cette fois, avaient agi avec la maladresse et la vio-lence d’un parti battu depuis longtemps, sanscomplices dans le gouvernement dont il est exclu,privé de ses chefs, et dirigé par des hommes ob-scurs, compromis et désespérés. Sans savoir se servirde la Montagne, sans l’avertir même du mouve-ment , ils avaient compromis et exposé à l’écha-faud des députés intègres, étrangers aux excès dela terreur, attachés aux patriotes par effroi de laréaction, et n’ayant pris la parole que pour em-pêcher de plus grands malheurs, et pour hâterl’accomplissement de quelques vœux qu’ils parta-geaient.

Cependant les révoltés, voyant le sort qui lesattendait tous, et habitués d’ailleurs aux luttesrévolutionnaires, n’étaient pas gens à se dispersertout d’un coup. Us se réunirent le lendemain à lacommune, s’y proclamèrent en insurrection per-manente, et tâchèrent de rassembler autour d’euxles sections qui leur étaient dévouées. Cependant,pensant que la commune n’était pas un bon poste,quoiqu’elle fût placée entre le quartier du Templeet la Cité, ils préférèrent établir le centre de l’in-surrection dans le faubourg Saint-Antoine. Ils s’ytransportèrent dans le milieu du jour, et se pré-parèrent à renouveler la tentative de la veille.Cette fois, ils tâchèrent d’agir avec plus d’ordreet de mesure. Ils firent partir trois bataillons par-faitement armés et organisés : c’étaient ceux dessections des Quinze-Vingts, de Montreuil et dePopincourt , tous trois composés d’ouvriers robus-tes et dirigés par des chefs intrépides. Ces batail-lons s’avancèrent seuls, sans le concours de peuplequi les accompagnait la veille, rencontrèrent dessections fidèles à la convention, mais qui n’étaientpas en force pour les arrêter, et vinrent, dansl’après-midi, se ranger avec leurs canons devantle Palais-National. Aussitôt les sections Lepelletier,la Butte-des-Moulins et autres se placèrent en facepour protéger la convention. Cependant, si le com-bat venait à s’engager, il était douteux, d’aprèsl’état des choses, que la victoire restât aux défen-seurs de la représentation nationale. Par surcroîtde malheur , les canonniers, qui dans toutes lessections étaient des ouvriers et de chauds révolu-tionnaires , abandonnèrent les sections rangéesdevant le palais, et allèrent se joindre avec leurs

pièces aux canonniers de Popincourt, de Mon-treuil et des Quinze-Vingts. Le cri aux armes ! sefit entendre ; on chargea les fusils de part et d’au-tre , et tout sembla se préparer pour un combatsanglant. Le roulement sourd des canons retenti 1jusque dans l’assemblée. Beaucoup de membres selevèrent pour parler. « Représentants, s’écrie Le-» gendre, soyez calmes, et demeurez à votre poste-» La nature nous a tous condamnés à mort : un» peu plus tôt, un peu plus tard, peu importe!» Debonscitoyenssontprêtsàvousdéfendre. Enat-» tendant, la plus belle motion est de garder le si-» lence. » L’assemblée se replaça tout entière surses sièges, et montra ce calme imposant qu’elleavait déployé au 9 thermidor, et tant d’autres fois-dans le cours de son orageuse session. Pendant cetemps, les deux troupes opposées étaient en pré-sence dans l’attitude la plus menaçante. Avant d’e 11venir aux mains, quelques individus s’écrièrentqu’il était affreux à de bons citoyens de s’égorgerles uns les autres, qu’il fallait au moins s’expliqueret essayer de s’entendre. On sortit des rangs, o#exposa ses griefs. Des membres des comités, q l "étaient présents, s’introduisirent dans les batail'Ions des sections ennemies, leur parlèrent ; ctvoyant qu’on pouvait obtenir beaucoup par l° smoyens de conciliation, ils firent demander à l’as-semblée douze de ses membres, pour venir fra-terniser. L’assemblée, qui voyait une espècefaiblesse dans cette démarche, était peu dispose 0à y consentir; cependant, on lui dit que ses coin 1 'tés la croyaient utile pour empêcher l’effusion d l ‘sang. Les douze membres furent envoyés, et s 1,présentèrent aux trois sections. Bientôt on romp’ 1lesrangsdepartetd’autre; onsemêla. L’hommep el1cultivé et d’une classe inférieure est toujours sen-sible aux démonstrations amicales de l’homme <J uCson costume, son langage, ses manières, plac ell |au-dessus de lui. Les soldats des trois bataill 0 ” 5ennemis furent touchés, et déclarèrent qu’ils 1,0voulaient ni verser le sang de leurs concitoyen 5 ’ni manquer aux égards dus à la convention n»tj°nale. Cependant les meneurs insistèrent pour f®* 1 ^entendre leur pétition. Le général Dubois, c 011 ^mandant la cavalerie des sections, et les do^représentants envoyés pour fraterniser, consentrent à introduire à la barre une députation des t r °’bataillons. j a

Ils la présentèrent en effet, et demandèrentparole pour les pétitionnaires. Quelques dép 11 *® ’voulaient la leur refuser ; on la leur accorda c