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Récit des derniers événements survenus en Suisse, par suite de l'appel des Jésuites à Lucerne et de l'Alliance Séparée (Sonderbund) fondée le 14 septembre 1845, aux Bains de Rothen entre les cantons de Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwalden, Zug, Fribourg et Valais : exposé au point de vue historique et militaire avec le concours d'un écrivain militaire distingué / par J.-J. Leuthy ; traduit de l'allemand
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du peuple de ces cantons. A l'exception de celui de Xug , la publicationde la proclamation fut interdite partout, et à Lucerne on alla jusqu'àstatuer que quiconque la répandrait serait emprisonné et livré à la jus-tice; les représentants ne furent pas même admis auprès des gouverne-ments vers lesquels ils avaient été envoyés. C’est ainsi, peuple suisse ,qu’on a traité tes représentants, c’est ainsi qu’on a écouté ta voix.

Il restait cependant encore quelque espoir d’une solution pacifique,savoir les négociations dans des conférences à Berne . On était d’autantplus autorisé à espérer un succès que, dans tous les sept États, on adit aux représentants qu’ils devaient s’adresser aux députés à la diète, àBerne , qui étaient nantis des pouvoirs nécessaires. Mais on vit bientôtque c’était une méchante tromperie; car ces députés n’avaient aucunpouvoir pour négocier une transaction et ils durent le déclarer. Les dé-putés qui représentaient dans les conférences la majorité de la diètefirent, an contraire, de véritables propositions de médiation; ils propo-sèrent de laisser tomber la question des jésuites si, en considération desa position de vorort, Lucerne les éloignait. Un député de la majoritéproposa, pour le cas où l’alliance séparée se dissoudrait, do soumettrela question des jésuites à la décision arbitrale du pape; un autre se dé-clara prêt, toujours dans la supposition de la dissolution du Sondcrbund,à considérer le différend comme terminé, pourvu que trois États qu’ildésigna se chargeassent d’intercéder auprès du pape pour obtenir l’éloi-gnement des jésuites. Mais toutes ces propositions, — la Confédération n’apprendra peut-être pas sans étonnement les deux dernières, — /ouïesce s propositions, disons-nous, furent repoussées avec dédain. La possi-bilité d’une transaction ne fut présentée dans une perspective lointaineque sous la condition expresse qu’avec la question des jésuites on sou-mettrait à la décision (lu pape la question des couvents, terminée depuislongtemps, et qu’avant tout on licencierait les troupes. C’en était troppour l’honneur et la tranquillité de la patrie. Pour gain d’une paix éphé-mère, il était impossible d’allumer de nouveau un brandon qu’on n’étaitparvenu à éteindre qu’après une lutte acharnée; impossible d’ouvrir denouveau toutes les plaies qu’une médiation sage et la main salutaire dutemps avaient cicatrisées.

Ici encore la diète en appelle solennellement à la nation suisse . Vouspouvez décider, fidèles, chers confédérés, si la diète n’a pas fait tout ceque commandaient l’honneur et le devoir, pour faire tourner le conflità la paix; vous pouvez juger si elle a rejeté avec légèreté une main deréconciliation qui lui avait été tendue; vous pouvez décider si c’est ellequi a la première déclaré la guerre. Quoiqu’il plaise à la providence denous dispenser dans ces jours de crise, vos représentants, fidèles, chersconfédérés, peuvent envisager l’avenir avec repos et avec la consciencequ’ils ont tendu do tous leurs efforts à l’honneur et à la paix de la patrie.

Le combat que la Confédération doit livrer à des membres insurgés ducorps helvétique , n’est point une guerre de sept cantons contre sept, poin

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