une oppression de la minorité par la majorité, point une guerre contre d'in-nocents confédérés. Non, c’est un combat de la Confédération et de sespouvoirs légitimes contre le parti qui a formé l’alliance séparée, l’a faitgrandir et l’a glissée comme une vipère au cœur de la Confédération ,afin de l’empoisonner. Ce ne sont pas d’innocentes peuplades qui ontcommis ce crime, mais bien le parti qui cherche à les retenir dans l’i-gnorance sous des formes démocratiques et les exploite dans un butégoïste, soüs le masque de la religion; le parti qui déjà en 1813 ouvritla porto aux armées étrangères, qui refusa la garantie fédérale aux con-stitutions libérales de 1831 quoiqu’elles ne fussent nullement contrairesau pacte, qui travaille à la réaction par d’incessantes menées, qui aagité le Jura bernois et d’autres contrées de la Suisse , qui a poussé àune insurrection ultramontaine dans le canton d’Argovie , et appelé enValais, à Fribourg, à Schwyz et à Lucerne les jésuites dont il est l’alliéet l’instrument. Voilà, confédérés, en quoi consiste l’essence du Sonder-bund ; laissez-le subsister ou triompher, et la patrie en deuil perdra l’uneaprès l’autre toutes les institutions qui sont la condition de sa vraie li-berté, de l’essor de son esprit, de sa force et de son honneur.
Le serment que nous avons prêté à la Confédération nous impose ledevoir sacré de rétablir la tranquillité et l’ordre à l’intérieur et de veillerà la sûreté extérieure. L’autorité fédérale se trouve ainsi dans l’impérieusenécessité de recourir aux moyens extrêmes pour rétablir l’ordre légal,puisqu’en s’éloignant du sein de la diète et par leur déclaration, les dé-putés du Sonderbund se sont mis en état de guerre ouverte. C’est pour-quoi soyons unis et forts, fidèles, chers confédérés, et le Tout-Puissantpréservera encore cette fois-ci notre patrie de la séparation et de laruine.
La diète fédérale ordinaire;
En son nom :
Le président du conseil exécutif du canton de Berne ,Directoire fédéral,
Président de la diète:
(L. S.) OCIISENBEÏN.
Le secrétaire d’Etat de la Confédération :
SC11IESS.
En même temps, le général Dufour adressa à l’armée fé-dérale la proclamation suivante:
Soldats confédérés!
Après la proclamation qui vous a été adressée par la diète elle-même, je n’ai que quelques mots à vous dire dans ce moment solennel.
C’est pour vous faire exécuter les décrets de l’autorité suprême dela Suisse que vous êtes appelés à sortir de vos cantonnements. Elle a