aujourd’hui être le résultat de l’emploi de l’électricité, pour-rait-on continuer à considérer ces effets comme étant le résultatd’un agent qui lui-même est dépourvu de toutes les qualitéset attributs de la matière, agent qui cependant agit sur elle dela même manière que les corps matériels en mouvement.
On voit en effet que la puissance mécanique obtenue par lesmoyens nouveaux que la science a découverts pour produirel’électricité est si grande, que son action suffit pour mettre enmouvement des masses aussi considérables qu’on puisse l’ima-giner, et qu’elle peut être utilisée comme moyen partout où l’ona besoin de développer et d’employer de la force mécanique. L’ac-tion de la lumière opère aussi, dans l’état des corps, des chan-gements qui modifient matériellement les actions que cesmêmes corps exercent les uns sur les autres ; et l’on sait le rôleimportant qu’elle joue dans les réactions chimiques, en influantsur la nature de leurs combinaisons, et faisant apparaître,sous son influence, des nouveaux composés qui ne se seraientpas produits sans son intervention.
Il devient donc important d’examiner et de s’assurer s’il n’estpas possible de substituer aux actions imaginaires d’un fluideque l’on suppose dépouillé de tous les caractères qui constituentla matière, les actions de cette même matière portée à un étatde division et de densité suffisantes pour donner une explica-tion aussi satisfaisante des faits que par la supposition de l’exis-tence de l’éther, tout en remplissant les mêmes fonctions qu’onlui attribue.
Lorsqu’on considère, philosophiquement et avec attention, lemode d’action qui préside à tous les actes de la création et lescaractérise essentiellement, on arrive bien vite à reconnaître,que les lois qui régissent la matière organisée tendent de plusen plus à se généraliser et à se simplifier, en éprouvant une ten-dance à procéder d’une cause unique qui, sous diverses formesmodifiées d’une infinité de manières, les embrasse tous; et cela,par la raison qu’il n’en a coûté ni plus ni moins à l’infinie puis-sance de Dieu pour en agir ainsi, et que cela est plus dansl’harmonie de son essence ! Et l’on se demande alors pourquoi,par suite d’une exception toute particulière, une des partiesles plus intéressantes des phénomènes de la création échapperaità la loi générale pour venir se ranger sous l’empire d’une loiexceptionnelle ?
Mais, avant de se décider à affronter toute l’invraisemblance