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sensations que la chaleur, la lumière, l’électricité, les odeurs, lessaveurs, le plaisir, la douleur font éprouver à nos autressens.
XI
Les mêmes effets se reproduisent sur une immense échelle,lorsque des comètes viennent, en traversant les espaces, porterle trouble dans des systèmes stellaires régis d’une manière régu-lière sous l’empire des lois de l’attraction, soit qu’elles appar-tiennent à ces systèmes ou qu’elles leur soient étrangères. Cescorps errants, en parcourant les trajectoires qui sont les résul-tats des diverses actions auxquelles ils sont soumis, influencéespar celles des différents corps célestes auprès desquels ils passent,exercent sur les divers éléments des trajectoires que parcourtchacun d’eux pendant tout le temps qu’ils se trouvent respecti-vement sous l’influence de leurs attractions réciproques sensi-bles et appréciables, des actions qui ont pour résultat de faireéchange, aux dépens les uns des autres, des vitesses dont ils sontrespectivement animés, sans que jamais cependant, dans aucuncas, la somme des mouvements de tous ces corps représentée parleurs masses multipliées respectivement par le carré de la vitessedont ils sont animés, puisse éprouver la moindre variation. Lamasse des comètes qui ont été observées jusqu’ici s’est toujoursmontrée insensible et inappréciable, eu égard à celle des autrescorps appartenant au système du soleil, avec lesquels on a cher-ché à les comparer. C’est pourquoi on n’a jamais pu constaterqu’elles aient exercé la moindre action sur aucun d’eux.
Mais il n’en a pas été de même, eu égard aux comètes, de lapart des différents corps soumis à l’empire du soleil ; et dans plu-sieurs circonstances, notamment dans un cas où l’une d’entreelles a traversé le système des satellites d’une de nos plus grossesplanètes, les éléments elliptiques de la trajectoire que décrivaitcette comète ont été tellement bouleversés, que sa nouvellemarche s’est complètement écartée de celle qu’elle parcouraitauparavant, et n’a plus eu, après ce rapprochement, aucun rap-port avec l’ancienne.
Lorsque des actions analogues à celles que je viens de décrireont lieu de la part de molécules isolées, ou bien des agrégationsqu’elles forment en s’alliant entre elles, sur les plus petits