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la formation des cristaux. Mêlées et confondues en proportionsdéfinies, leur ensemble produit sur nos sens l’impression de lalumière blanche; mais, comme elles diffèrent dans leurs masses,leurs volumes, et peut-être leurs vitesses, elles éprouvent, auvoisinage des corps constitués auprès desquels elles passent, desdéviations dans leur marche qui diffèrent aussi entre elles etsont la conséquence des perturbations que ces corps font éprou-ver aux éléments des courbes du second degré qu’elles décri-vent. Les diverses agrégations, appartenant à chaque série, ten-dent donc à se séparer les unes des autres, se grouper et voyagerensemble dans une direction différente de celle qu’elles sui-vaient auparavant; et de là résulte, tout naturellement, l’expli-cation de la réfraction, de la dispersion et de la diffraction desrayons lumineux, ainsi que les impressions que ces agrégationsnous font éprouver lorsqu’elles arrivent séparées à nos yeux,impressions que nous traduisons par le sentiment qui nous faitapprécier les diverses couleurs du spectre.
V.
L’étude des divers éléments qui concourent à la formation descorps, en les considérant comme constitués dans ces conditions etcirconscrits dans des ellipsoïdes à trois axes, devient intéressanteau plus haut degré, particulièrement sous le rapport de la consti-tution moléculaire des corps ; ainsi l’on comprend que les molé-cules qui produisent sur nos sens l’impression de la lumière oudelà chaleur, peuvent être déviées plus ou moins de leur marche,suivant qu’elles passent dans la direction, et près des pôles desdifférents axes des agrégations, dont l’ensemble de tous les élé-ments groupés symétriquement constitue un cristal; et l’on voitapparaître ici un nouvel ordre de faits qui se lie intimementaux phénomènes de la réfraction multiple, aux ingénieusescombinaisons sur les corps cristallisés dont les beaux travauxde M. Gaudin sont depuis si longtemps l’objet, aux observationssi intéressantes qu’a faites M. de Sénarmont avec tant de ta-lent, de tact et de science, sur la différence de dilatation desaxes d’un cristal à réflexion multiple, lorsqu’on fait varier satempérature ; et enfin à la sublime conception que notre célèbrecompatriote, le grand et immortel Biot a consignée, bien peude temps avant que la science et ses amis eussent le malheur de