que l’attraction à mesure que les distances diminuent, d’oùil suit qu’il existe nécessairement une distance minimum, enfonction de ces diverses conditions, à laquelle les moléculesmatérielles soumises à l’action de ces forces se font respective-ment équilibre, en sorte qu’il résulte de l’accomplissement deces conditions, que les positions respectives qu’occupent cesmolécules l’estent, entre certaines limites, dans un état d’équi-libre qui les maintient au repos, tant que les conditions suscep-tibles de faire varier leurs distances ne changent pas. Deuxmolécules, par conséquent, considérées isolément dans l’espace,et soumises à l’action d’autres molécules ,qui exercent leur ac-tion sur elles, conservent des positions et des distances, quivarient avec le nombre, la direction, la vitesse des moléculeserrantes qui traversent leur système.
Si, au lieu de deux molécules, on en considère trois ou unplus grand nombre dans les mêmes circonstances et assujettiesaux mêmes lois, la considération des actions qui seront les con-séquences de ces lois, amèneront à reconnaître que ces molé-cules se placeront régulièrement et symétriquement à la mêmedistance les unes des autres, et lorsque le nombre en sera arrivéà treize, douze d’entre elles se trouveront occuper les sommetsdes douze angles d’un cubo-octaèdre régulier dont la treizièmemolécule occupera le centre. Passé ce nombre, les moléculesqui se trouvent dans la sphère d’attraction sensible de cette pre-mière agrégation, viennent s’ajouter, ainsi que je l’ai démontrédans mes précédents mémoires, à la suite les unes des autres,en longues files d’une longueur indéfinie, dans la direction destrois premières molécules formant un des six axes qui se cou-pent réciproquement dans tous les sens, sous des angles de 60 °,en passant par la molécule centrale du cubo-octaèdre.
Passé une certaine limite, et lorsque les molécules qui com-posent ces files n’éprouvent plus qu’une action insensible de lapart des autres molécules composant le reste de l’agrégation,chacune des molécules placée à la même distance du centreappartenant à l’une de ces douze files qui rayonnent à partir dunoyau, devient alors elle-même à son tour un centre d’actiond’où partent douze autres files parallèles’aux premières, et qui, ense rencontrant, forment des centres d’action d’un ordre de plusen plus élevé dont l’ensemble constitue des cristaux de diversordres croissant ainsi par superposition, doués chacun de pro-priétésphysiquesrelatives àleurs diverses conditions d’existence.