30 —
astres. Nous citerons encore les variations des éléments ellipti-ques que décrivent les molécules matérielles qui constituentl’anneau magnétique, dont l’observation n’a appris encore à con-naître que bien imparfaitement les limites de l’intensité, l’éten-due, la direction et les autres conditions d’existence, ainsi queles résultats qui en sont les conséquences, l’inégale répartitionde la chaleur sur les deux hémisphères terrestres, qui résultede la variation des éléments des courbes du second degré que dé-crivent le soleil et la terre, et rend alternativement prépondé-rante, l’action de cet astre sur l’une ou l’autre de ces hémisphères,d’où résulte une variation dans la masse des glaces qui encom-brent les pôles, et par suite une variation dans la position ducentre de gravité de la terre qui détermine l’apparition de nou-veaux continents ensevelis jusque-là sous les eaux, tandis qued’autres se trouvent submergés.
Or tous ces effets, produits sur une si vaste échelle, dus à laseule et unique cause de l’attraction universelle ont égalementlieu et avec toutes leurs conséquences, comme l’a fait si judicieu-sement observer M. Biot , dans les cristaux ou agrégations primi-tives les plus élémentaires. Ces corps, à cet état, sont, par leurexcessive ténuité, inacessibles à toutes nos investigations. Nousne pouvons que soupçonner leur manière d’être et leurs proprié-tés au moyen de conjectures plus ou moins probables dont il nenous est jamais possible de constater l’exactitude, et c’est seule-ment lorsqu’ils peuvent faire diverses impressions sur nos senspar leur masse et leur étendue qu’il nous est possible de lesétudier et de déterminer leur mode d’action sur les autres corps.En se basant cependant sur l’excessive ténuité et l’immensedensité que j’ai attribuées dans mon grand mémoire sur lacohésion, aux molécules matérielles primitives, comme des con-séquences nécessaires de l’existence de la matière, on arrive à seconvaincre que le nombre de molécules qui concourent à la for-mation de ces cristaux élémentaires les plus inappréciables à nosobservations est tellement considérable, qu’il ne peut être repré-senté par aucun des moyens directs dont dispose la sciencedes nombres pour l’exprimer. La constitution de pareils corpsse rapproche donc infiniment de celle des agglomérations plusconsidérables de matière comme la terre et les systèmes stel-laires dont les dimensions sont plus en rapport avec les organesque nous avons reçus de Dieu pour les apprécier. Mais les loisqu’il a établies pour régir la matière n’en reçoivent pas moins leur