Mais les résultats cle ces diverses actions, quoique dus à uneseule et même cause, déterminent dans les mouvements et dansla marche des molécules matérielles soumises à leur empire, desdifférences analogues à celles qu’éprouvent les corps célestes,dont l’ensemble constitue les divers systèmes du monde quipeuplent l’univers.
On sait, en effet, que ces diverses causes peuvent agir conjoin-tement ou séparément de manière à ce que l’un des effetsqu’elles produisent; domine tous les autres, comme s’ils n’exis-taient pas, dans les limites toutefois entre lesquelles la scienceactuelle nous permet d’étendre nos observations. C’est ainsi quela terre, par suite de l’action que le système entier du soleilexerce sur elle, accomplit sa révolution annuelle autour decet astre dans un espace de temps que l’on peut presqueconsidérer comme constant ; mais cependant, sa marche etles positions qu’elle occupe successivement dans l’espace, sontloin de pouvoir être considérées comme douées de la même ré-gularité ; et l’on sait quelle action puissante les perturbationsqu’elle éprouve de la part de la lune, son satellite, et des autresplanètes qui forment le cortège du soleil, exercent sur la tra-jectoire qu’elle décrit pour modifier la régularité de sa marche.D’autre part la forme elliptique de la terre, aplatie vers ses deuxpôles, suite de son mouvement diurne de rotation sur elle-même, ainsi que la différence dans la densité des couches dontelle est formée qui augmente à mesure que l’on pénètre de plusen plus dans son intérieur, ne permettent pas de considérerl’action qu’elle exerce sur les autres corps dont elle est envi-ronnée comme si sa masse entière était concentrée en un seulpoint à son centre de gravité. Ces diverses causes, minimes enapparence, finissent cependant en s’accumulant pendant lessiècles, par produire des effets qui se manifestent par des pertur-bations telles que la variation dans l’inclinaison de l’écliptiquesur l’équateur, le mouvement rétrograde des nœuds ou pointsvers lesquels se coupent les plans dans lesquels s’exécutent ficti-vement cés divers mouvements, ainsi que la variation du grandaxe de l’ellipse, que la terre décrit annuellement dans l’espacependant sa révolution autour du soleil. Viennent ensuite deseffets secondaires comme conséquence ou non de ces grands mou-vements, tels que les marées produites par la différence d’attrac-tion que la lune et le soleil exercent sur les diverses parties de laterre, en fonction de la distance variable qui les sépare de ces