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de la transmutation d’un corps d’un état à un autre déjàpréexis-tant. Il en est de même de certaines modifications sur la naturedesquelles les expériences de M. Pouchet viennent de jeter uneéclatante lumière, et qui ont pour résultat de changer le moded’existence de certains êtres en en faisant complètement varierla nature. Ainsi l’on voit le virus rabique se développer spontané-ment chez la race canine et affecter promptement toutes les par-ties de leur organisation au point de rendre les fonctions de lavie impossibles. Évidemment l’un des principes constituantsde l’organisation du chien, nécessaire au maintien de sonexistence, a éprouvé alors une modification qui a influé deproche en proche sur les autres éléments avec lesquels il setrouvait en contact. Il en eût été de même dans l’exemple del’essaim d’abeilles que j’ai cité plus haut. Si l’un de ces ani-maux avait apporté avec lui le germe d’une maladie contagieusequi, par son contact, eût affecté fatalement et inévitablementtoute la masse, il en serait résulté que toutes les abeilles eussentété atteintes successivement par l’influence du virus qui eût dé-truit, avec le principe de leur organisation la force musculaireinhérente à leur constitution physique. Dès lors l’une des con-ditions sur lesquelles se trouvait fondée la force nécessaire aumaintien de leur agglomération venant à manquer, les liens quiunissaient les diverses parties du système se seraient trouvéscomplètement rompus. On pourrait appliquer le même raison-nement au cas où la plus légère parcelle provenant de l’animalinfecté se serait trouvée en contact avec des parties organiséessusceptibles d’éprouver la même modification, et en dire au-tant du virus variolique, de la peste , du choléra morbus, de lagatine des vers à soie, des humeurs chartreuses, des maladiescontagieuses des végétaux et des jeux d’affinités chimiques quichangent entièrement les combinaisons, l’aspect et les proprié-tés des corps organisés et inorganiques.
XVII
Les premiers principes constituant des corps, recèlent proba-blement en eux la presque totalité du mouvement qui représente1 espace que les molécules qui les composent ont parcourupour se constituer, de même que les systèmes stellaires quipiennent, par suite des mêmes causes, l’aspect qui leur estpro-