XXY.
Pour vaincre l’éloignement si naturel que l’on éprouve sadopter les idées que j’ai émises sur l’énorme densité que j’aiattribuée aux molécules matérielles, et sur l’extrême rappro-chement auquel se trouvent les uns des autres les éléments descorps formés par les agrégations de ces mêmes molécules, üfaut bien se rappeler que les conditions sur lesquelles je mesuis basé sont toutes en parfait accord avec les opinions quiont été émises par les plus célèbres physiciens qui ont jusqu’àce jour été considérés à juste titre, comme les maîtres de lascience, et qui la dominent encore aujourd’hui. Et l’on peut,dès lors, se faire une juste idée de l’énergie avec laquelle lesmolécules doivent agir les unes sur les autres.
Les molécules matérielles venant de l’espace distendent etdétachent à chaque instant du soleil les agrégations de cesmêmes molécules sous la forme de rayons lumineux, calorifi-ques, électriques, lesquelles se diffusent dans l’espace dans toutesles directions. Tant que ces agrégations voyagent ensemble, sansexercer aucune action les unes sur les autres par suite de larégularité de leur émission, et que les distances qui les sépa-rent n’éprouvent aucune altération, ces agrégations affectentnos organes avec une régularité parfaite en leur faisant éprou-ver et apprécier les effets de la chaleur, de la lumière blanche,et les manifestations électriques d’une manière continue, quiproduit sur nos sens toujours les mêmes impressions. Mais dès queles intervalles, toujours très-considérables, eu égard aux espacesqu’occupent ces agrégations, se trouvent altérés par suite d’unecause quelconque, elles agissent les unes sur les autres avecd’autant plus d’énergie que les distances qui les séparent de-viennent de plus en plus petites, tout en obéissant aux résul-tantes de ces diverses actions relatives aux masses et réciproquesaux distances.
Ces actions attractives s’exercent entre les agrégations demolécules, en obéissant à la loi de l’attraction suivant un modeet dans des circonstances dont non-seulement nous ne connais-sons pas les premiers éléments, mais dont l’existence est mêmeencore complètement cachée à nos yeux.
Ces lois reçoivent leur exécution en grand, partout où s’opè-