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RECHERCHES SUR LA DURETÉ DES CORPS.
Je dois faire remarquer d’abord que, si, comme il est pro-bable, pour bon nombre de corps, il y a des variations de ladureté avec la profondeur, la méthode de Muschenbroek neles mettra pas en évidence, et quant à l’expérience elle-même,il n’est pas certain que la balle frappe toujours la tête du coinidentiquement de la même façon; de plus, ces chocs répétésdoivent donner lieu à une élévation de température différentepour chaque corps, en raison de sa nature, et aussi en raisondu nombre des chocs; or, ces élévations de températuredoivent influer inégalement sur la dureté du corps. Je re-marque, en outre, que pour les bois qui font l’objet principaldu travail de Muschenbroek, il n’indique ni l’âge des boisemployés, ni le point du tronc où le bois a été débité; nila direction, par rapport à l’axe du tronc, de la surface desparallélipipèdes coupés par le coin, ni le temps écoulé depuisque l’arbre a été abattu. — Or, il est certain que ces diversescirconstances, entre autres, doivent influer sur la dureté desbois ; pour chacun d’eux, il doit y avoir des limites assez éten-dues entre lesquelles la dureté pourra varier, alors même quechaque bois aura atteint la limite d’âge que l’usage aura faitreconnaître comme la plus favorable à son emploi dans l’in-dustrie. — J’ai insisté sur la définition de la dureté et lemode d’expérience proposés par Muschenbroek, parce quecet essai est le premier dans cette voie et que, comme on leverra, ses successeurs n’ont pas été beaucoup plus heureuxque lui.
Romé de Lisle a fait jouer, dans son mémoire sur les Ca-ractères extérieurs des minéraux 1 et dans sa Cristallographie\un rôle assez important à la dureté qu’il définit « la résistanceque les corps opposent à la division mécanique de leurs molé-cules intégrantes». — Mais je n’ai trouvé dans aucun de ces