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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1809.importante et juste restauration brisait tout à fait le pacte des troiscouronnes de Vienne, de Berlin , de Pétersbourg, et faisait renaîtrel'équilibre. Le lendemain d’une si noble résolution, qui eût parlé à laconscience de tous les peuples, la Pologne, amie de la France , à la-quelle elle aurait dû sa résurrection, s’alliait avec la Prusse et l’Autriche contre le grand ennemi de l’Europe continentale, contre la Russie ,contenait le czar dans ses limites, l’inquiétait même par ses Cosaques.Je persiste à croire, d’après les malheurs dont la guerre a accablé pen-dant tant d’années la France 'victorieuse et l’Europe vaincue, que si dèsle principe la doctrine du rétablissement de la généreuse Pologne eûtété adoptée par Napoléon, la plupart des événements dont l’Allemagne a été le théâtre et la victime n’auraient pas eu lieu. La décision que lesPolonais attendaient de Napoléon avait d’ailleurs pour elle-même unpuissant mobile, la justice. Je pense que le manifeste de l’indépendancede la Pologne était la seule réponse à faire à celui de la troisième coa-lition , et que cette indépendance devait être la première condition dutraité de Presbourg. Napoléon a pu, en 1810, réaliser enfin ce nobleprojet, quand l’Autriche lui offrit les deux Gallicies ; il les refusa mal-heureusement , pour ne pas avoir la guerre avec la Russie , qui la pré-parait contre lui dès le lendemain du traité de Tilsitt

Le cabinet de Prusse lançait ses guérillas patriotiques dans le nordde l’Allemagne , pendant que Poniatowski, livré à ses propres forceset séparé par deux cents lieues de notre armée, sollicitait en vain, enfaveur du grand-duché, l’intervention du prince Gallitzin. Le nouveauroyaume de Westphalie vit éclater le premier l’insurrection de Tugend-bund. Le 3 avril, le major prussien Katt souleva les anciens militairesdans la province de Stendal , parcourut la vieille Marche et osa s’ap-procher de Magdebourg . Poursuivi par les troupes •westphaliennes, il sesauva sur le territoire prussien d’où il fut chassé, et se retira en Bo-hème auprès du duc de Brunswick-Oëls, généralissime de la conjura-tion germanique. Le duché d’Anhalt eut aussi un rassemblement armédu côté de Coëthen. En Westphalie , le chef secret de la conspirationétait Doernberg, aide de camp du roi et colonel d’un régiment de sagarde ; il avait commandé auparavant un bataillon de chasseurs carabi-niers, alors en Espagne . Il eut le crédit de le faire revenir à Cassel. Larébellion ayant éclaté le 22 avril dans plusieurs parties du royaume, leroi confia a Doernberg la direction des forces destinées à la réprimer.