404 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1809.
Doernberg, qui se croit découvert, vole à la tète des insurgés. Le roin’avait que deux mille hommes ; il se livre noblement à la loyauté deses sujets, et porte une partie de sa garnison en avant de sa capitale.Doernberg arrive avec un rassemblement d’une vingtaine de millehommes, soldats et paysans. Mais au lieu d’entraîner la troupe fidèlequ’il voit sous les armes , il en est accueilli à coups de canon. La cava-lerie du général Wolf acheva la déroute des bandes de Doernberg. Lelendemain, une autre insurrection se présenta et fut aussi facilementdissipée. Le maréchal Kellermann envoya de Francfort des renforts quidélogèrent de Marbourg les révoltés ; de leur côté, les troupes west-phaliennes reprirent Ziegenhagen, et le royaume fut totalement délivrédes agitateurs par la fuite de Doernberg, qui alla chercher un asile au-près du duc de Brunswick. Le roi pardonna, et se contenta de porterplainte à Berlin contre le major Schill, directeur de l’association mili-taire du Tugendbund , en Prusse, et ancien chef de partisans.
Ce major était sorti de Berlin , où il se trouvait en garnison, le 28 avril,avec cinq cents hussards de son régiment, sous prétexte de les fairemanœuvrer. Rejoint par trois cents hommes d’infanterie légère d’unbataillon qui portait son nom, il se porte sur Wittemberg et rétabbtdans plusieurs villes les autorités prussiennes. Il recrute pendant saroute, marche sur la Westphalie , et se voit bientôt à la tète d’une pe-tite armée publiant partout que le roi de Prusse venait de déclarer laguerre à la France : ce prince était resté à Kœnigsberg , mais son mi-nistère résidait à Berlin. Aussitôt la nouvelle de nos succès contre l’Au-triche , il s’empressa de désavouer Schill. Après la bataille d’Essling,Schill reparut et tenta un coup de main sur Magdebourg . Il fut repoussé,se retira sur le bas Elbe, et alla s’établir à Domitz , vieille forteresseque lui abandonnèrent les cents invalides qui la gardaient ; il y laissadeux escadrons et se dirigea sur Stralsund , dont il fit sommer le ducde Meklembourg de lui ouvrir les portes. Il espérait par là, non sansraison, communiquer librement avec l’escadre anglaise de la Baltique .La trahison l’accueillit dans toute la Poméranie. Les déserteurs de Stral-sund grossirent ses troupes ; il pénétra dans la ville, s’occupa aussitôtde sa défense, et mit en batterie cent pièces de gros calibre. Le corpsde Schill s’élevait déjà à six mille hommes, mais il lui fut impossibled’entrer en communication avec la flotte anglaise.
Cependant le général Gratien à la tète d’une division hollandaise de