112 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1809.
trois bataillons qui dégagent par un nouvel exploit leurs intrépidescompagnons, et, réunis, ils s’emparent des faubourgs de Groben, aprèsavoir enlevé quatre cents prisonniers et mis douze cents hommes horsde combat. Ce glorieux fait d’armes assure la jonction de Marmont etde Broussier. Napoléon fit graver sur l’aigle du 84 e cette inscription hé-roïque, digne des beaux temps de Sparte : Un contre dix! Le 1 er juillet,Marmont alla avec le 11° corps rejoindre la grande armée dans l’île deLobau.
Telle était la situation des affaires militaires, depuis la Baltique jus-qu’à l’Adriatique , à l’époque de la bataille d’Essling, qui fut célébréepartout où la coalition exerçait quelque influence , comme une victoiredécisive dont la conséquence serait la destruction de Napoléon et del’armée française. Le comité de Paris agissait dans le même sens ; ilresserrait ses Mens et faisait cause commune avec les agents de l’Angle-terre et de l’Autriche . Une grande expédition anglaise était prête. Onattendait la nouvelle de son arrivée sur les côtes de la Belgique et de laHollande. On attendait avec plus d’impatience encore le résultat de lapremière bataille qui devait sortir du repos des deux armées. D’aprèsces dispositions, l’Autriche recommença à se livrer à son système insur-rectionnel. Le général Am Ende et le duc de Brunswick reparurent surla scène avec neuf mille hommes. Le 12 juin, ils se réunirent à Dresde et se portèrent sur Leipsiek, semant partout des proclamations pourengager les Saxons à s’unir à leurs drapeaux. On répéta les mêmesmanœuvres en Franconie . Dans le pays de Wurtemberg, l’insurrectionoffrit un caractère plus alarmant, en raison du voisinage du Voralberg et du Tyrol. Le roi de Wurtemberg prit lui-même la direction des moyensemployés pour anéantir les révoltés. A Mergentheim , à Bareuth, àStockack, les habitants s’étaient soulevés; le roi lit marcher contre euxle peu de troupes qu’il avait, et les rebelles , forcés de mettre bas lesarmes, furent jugés selon toute la rigueur des circonstances. Le Tyrol,excité de nouveau par l’Autriche , qui lui annonce l’archiduc Jean, etpar le général Chasteller, qu’un ordre du jour de Napoléon condamnaità la peine de mort, comme sujet français , a rompu son traité. L’arméeinsurrectionnelle de Hofer, que conduisaient et soutenaient les divisionsre'guMères du corps de Chasteller, a repris une offensive redoutable ,et, après un violent combat Mvré en avant d’Inspruck , le général Deroi,entouré par toute la population des montagnes, a dû battre en retraite