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Tome second.
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158 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1809, 1810.devoirs, même ceux envers les peuples que je pourrais vous confier, ne viennen tqu’après. » La publicité que reçut cette déclaration eu disait plus que ladéclaration elle-même. Elle rappelait l’article que le Moniteur avait in-séré dans ses colonnes, au sujet d’une réponse de l’Impératrice à unedéputation du corps législatif, pendant le séjour de l’Empereur àBayonne . C’était en peu de mots accuser son frère Louis et justifierson abdication ; c’était aussi donner un grand avantage à ses ennemis,que de proclamer une telle doctrine dans un journal officiel. Quant àla réunion de la Hollande, bien qu’elle présentent la forme d’une vio-lence faite au souverain et au pays, elle n’était, je le répète, ainsi quel’occupation du Portugal et les autres agrégations qui eurent lieu, à lafin de l’année, des provinces littorales de la mer du Nord et de la Bal-tique , qu’une compensation en réserve pour la paix générale. Napoléon venait de délimiter les frontières légitimes de la France par l’incorpora-tion des Bouches-de-l’Escaut et des Bouches-du-Rhin. Cette précieuseconquête complétait dans le Nord son système maritime et son systèmedéfensif. Jamais on ne vit de temps politiques plus difficiles et plusdurs; on faisait la guerre à outrance. L’envahissement d’une partie ducontinent, l’usurpation d’un royaume de famille, étaient devenus lesseuls instruments de la paix.

Pendant que ces choses se passaient en Hollande, un événement quidevait avoir pour l’Europe, et surtout pour la France , les consé-quences les plus graves, attira faiblement d’abord, mais fixa bientôtaprès les regards du corps social sur le petit royaume de Suède . Le roiCharles XIII , vieux et sans enfants, avait adopté le prince Charles-Auguste de Holstein-Augustembourg, d’une branche cadette de sa mai-son et de celle de Danemark . Le 10 janvier, le nouveau prince royallui avait prêté serment de fidélité ; mais, le 29 mai suivant, à une ma-nœuvre de cavalerie, il était tombé de cheval et mort presque subite-ment. On répandit le bruit qu’il avait été empoisonné, et on accusa dece crime le grand maréchal du royaume, comte de Fersen , toujoursattaché au roi Gustave. Le 21 juin, à la cérémonie des funérailles duprince, le comte de Fersen, qui, en sa qualité de chef de la maison duroi, précédait le convoi, se vit assailli par la populace à coups depierres : malgré ses efforts pour se soustraire à ce danger, on le pour-suivit, et il tomba massacré avec une affreuse barbarie. C’était ce mêmecomte de Fersen, ancien colonel de Royal-Suédois au service de France ,