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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.

L’important ouvrage du colonel Boutoulin, aide de camp de l’empe-reur de Russie , renferme des aveux dont la source justifie suffisammentla confiance du lecteur. L’écrivain, en quelque sorte officiel, est venude lui-même au secours des déclarations que fit à cette époque le cabi-net impérial de France . Ces déclarations, relatives à l’attitude provo-catrice de la Russie depuis 1810 jusqu’à la prise d’armes de 1812,avaient jusqu’alors été étouffées par les passions les plus contraires,par celles qui aveuglèrent également et les hommes qui s’applaudirentde la chute de Napoléon et ceux qui la lui reprochèrent. L’officier russedéclare « que l’empereur Alexandre ne pouvait méconnaître l’espritdes dispositions du traité de Tilsitt, mais que les circonstances malheu-reuses où se trouvait l’Europe lui prescrivaient d'éloigner à tout prixla guerre. IL s’agissait surtout de gagner le temps nécessaire pour se préparerà soutenir convenablement la lutte que l’on savait bien être dans le cas de serenouveler un jour. Dès lors l’empereur Alexandre s’appliqua à organisersourdement ses moyens de défense, et jugea nécessaire de rassemblerla majeure partie de ses forces sur la frontière occidentale de son em-pire_ Dès le lendemain de la signature du traité d’alliance de la

Prusse, c’est-à-dire le 15 février, Napoléon expédia le général Czerni-cheff à Pétersbourg avec la proposition de travailler à faire disparaîtreles griefs des deux parties. Ces griefs étaient principalement, de la partde la Russie , la prise de possession du duché d’Oldembourg. Maisl’empereur Alexandre sentait trop bien que les griefs avoués ne por-taient que sur des accessoires. On n’eût pas avancé grand’chose en ob-tenant le redressement des griefs susmentionnés, car la question princi-pale, celle du pouvoir dictatorial de la France sur toutes les autres puissances,n’était susceptible d’être résolue que par la voie des armes. »

Dès l’année 1811, la Russie avait annoncé l’envoi à Paris de M. deNesselrode. Ce négociateur, chargé d’aplanir les différends, devait arri-ver en novembre; quatre mois après, on l’attendait encore Napoléon ,instruit enfin que la mission de M. de Nesselrode n’aurait pas lieu, fiteffectivement appeler, comme on l’a lu plus haut, le colonel Czerni-cheff, aide de camp d’Alexandre, et lui communiqua le traité d’allianceoffensive et défensive signé à Paris , le 12 février, avec la Prusse, tropheureuse d’échapper à sa ruine en se réunissant à Napoléon , qui auraitnécessairement commencé par elle la guerre qu’il se voyait obligé d’en-treprendre contre la Russie et ses alliés. Napoléon accompagna cette